Scolti : Salut KONGA, bienvenue chez SKUUURT ! On a peu de temps, allons à l’essentiel ! Tu peux me rappeler un peu ton parcours ? Tu viens d’où ?
KONGA : Je suis né à Dunkerque. Mes parents se sont séparés quand j’avais 4-5 ans et mon père habite à Lille. J’ai grandi entre Dunkerque et Lille, en 50-50. Mon père fait de la musique, et on a toujours été éduqué dans la culture, quoi. J’écoutais beaucoup de CD différents avec mon père, j’allais voir des concerts. Et très tôt, je me suis mis à kiffer le hip-hop
Ton père vient de cette culture ?
K : Non, mon père écoute du rap, mais il chantait dans un groupe de funk. Il fait du jazz-rock, un peu, à la FFF, il kiffait Sinclair. Mais en fait, j’ai commencé à écrire mes premiers textes vraiment très tôt. Je pense que je devais avoir 10, 11 ans. Et en parallèle, je faisais de la danse hip-hop. J’aimais vraiment ça, regarder des clips où je voyais Chris Brown qui dansait par exemple. On allait en cours et je regardais ça le matin. J’ai grandi à Coudekerque, dans l’agglomération Dunkerquoise, et quand t’es un petit métis du Nord, tu ne sais pas trop à qui t’identifier. Je regardais ces clips-là, et ça m’a parlé direct
Tu t’es mis à écrire, et t’as cherché tout de suite à poser ?
K : Au début, j’écoutais beaucoup de rap, et j’ai commencé à écrire un peu naturellement en faisant des rimes. Et puis, je freestylais juste pour moi et mes potes. Au collège, j’ai commencé aussi à faire des instrus sur FL Studio en parallèle. Je cherchais toujours des prods sur YouTube, mais je ne trouvais pas. Donc, j’ai commencé à faire mes prods tout seul
Tes aussi beatmaker, c’est ça ?
K : Oui, très tôt. Franchement, toute cette passion s’est vraiment consolidée au collège. C’est vraiment à cette période-là que j’ai commencé à toucher un peu à tout, à faire des prods, à m’intéresser à ce qui se faisait dans le game, que ce soit français ou américain. J’écoute plus de rap américain, qui m’a beaucoup beaucoup influencé, mais le français aussi. Mon premier concert de rap, c’était en 2008. J’étais allé voir Kery James à l’Aéronef. À l’époque, j’écrivais des textes, beaucoup, et on avait un délire avec nos potes, on faisait des sortes de Rap Contenders au collège, mais avant les Rap Contenders n’existe. Et moi, j’écrivais mes textes en permanence. C’était le début, tu vois, très égotrip, pas du tout fin. J’envoyais du rap hardcore, un peu dégueulasse et tout. Et je me suis fait convoquer par le proviseur de l’époque. Mon père est venu en rendez-vous. Après, il s’est dit : bon, le petit veut rapper, donc je vais lui montrer du rap hardcore, mais sans être grossier. Du coup, il m’a mis un clip de Kery James. J’ai trouvé ça tellement puissant, ça m’a traumatisé. C’était Le combat continu partie 3. Vraiment traumatisé. La puissance du gars, qui revient avec un album de fou. Et on est allé le voir en concert.
Ça a peut-être influencé aussi une écriture un peu plus consciente ? C’est ce que tu cherches ou c’est pas du tout dans ton truc de départ ?
K : Ouais. Ouais. J’ai quand même toujours voulu essayer de passer des petits messages. Au tout début, je rappais avec mes textes d’enfants sur le racisme, des trucs comme ça. J’étais beaucoup dans la métaphore, dans les images. J’avais aussi un univers très Jungle, et mon personnage arrive à ce moment-là. Je me suis créé un perso de roi de la jungle pour justement contrer l’image d’un enfant de 10 ans qui se fait marcher dessus. Je voulais enfin contrôler mon image, et arriver avec une bête. Et j’ai invoqué une bête. Je suis devenu KONGA, avec le temps. Konga, c’est un film des années 60, en référence à King Kong. Et bref, un peu de conscience, mais surtout, beaucoup d’égo-trip, beaucoup de flex. Et là, avec l’âge, mon écriture devient de plus en plus mature, forcément.
En quoi t’es un mec du Nord dans ton rap ?
K : Bonne question. Mis à part le fait que j’ai passé la plus grande partie de ma vie dans le Nord, parce que j’étais aussi un peu en banlieu parisienne pendant un moment, je dirais que je suis plutôt un mec à qui tu peux venir parler facilement, si on se croise, je donne beaucoup de force, de conseils, de discussions aux gens qui font la même chose que moi, je ne prends personne de haut.
C’est plus dans ta personnalité que dans l’artistique, alors ?
K : Je pense, oui, parce que dans l’artistique, je ne saurais vraiment pas comment montrer que je suis quelqu’un du Nord, mis à part dans ce que je raconte, mis à part quand je parle des endroits où je traîne. J’ai beaucoup été influencé par ce qu’ils faisaient aux États-Unis, mais en mettant beaucoup mon énergie et ma sauce dedans, donc ça a créé un peu ce que je fais maintenant. Mais je ne sais pas trop…
On parle de ta discographie ?
K : J’ai fait beaucoup d’essais, pas “ratés”, mais des premiers clips, par-ci, par-là. Depuis 2014, je sors des clips, mais ça n’a jamais été très régulier, tous les deux ans en gros. C’est quand j’ai commencé à me concentrer sur les tremplins comme Buzz Booster, en 2020, que je me suis dit : vas-y, je sors un projet qui me ressemble, je vais vraiment bien le travailler. J’ai commencé à faire plein de premières parties, et en 2024 ça a abouti avec un EP : DOSE DE RAGE. Après, j’ai des petits singles hors projet. mais c’est la première pierre que j’ai mis à l’édifice, on va dire, dont je suis fier, parce que j’avais sorti un EP à l’époque où j’étais sur Paris, mais ça, c’était pas sorti comme j’avais envie, c’était pas abouti, c’était plus de la recherche d’identité. Ça s’appelait SEUM, c’est sorti en 2020, c’est même pas moi qui ai appelé le projet comme ça, c’est des sons que j’ai enregistrés en 2017, et j’avais fait beaucoup de sons à l’époque où j’étais à Paris. Après, je suis rentré ici et comme je devais un projet à mon label, ils ont pris plein de sons à moi, ils ont mixé, ils les ont sortis des années plus tard. Donc en fait, au moment où c’est sorti, je ne savais pas du tout que c’était sorti. Ma cousine me dit « Ah, mais c’est toi sur Apple Music, Spotify, regarde !”. Je me suis dit que c’était mes sons, mais je ne voulais pas les sortir à la base. Pour moi, le début de ma DA commence vraiment quand je sors le clip Primitif et que je gagne Buzz Booster. Là, je commence à plus m’affirmer dans mon art
Aujourd’hui, t’en es où ?
K : Aujourd’hui, je prépare un projet qui sortira dans le courant de cette année 2026. On va essayer de le balancer avant l’été, il est bientôt prêt. J’ai des clips en stock, j’en ai tourné deux
En indé, tout ça ?
K : Ouais, en indé. J’ai le même manager que BEKAR, Raph. Ça fait 2 ans et demi qu’on travaille ensemble. On se connaît depuis plus longtemps que ça, mais il m’a pris sous son aile là, c’est lui qui me produit
Ça te structure un peu plus ? C’est ça qui te manquait ?
K : Ouais, carrément, c’est carrément une structuration de projet qu’il manquait. Et lui, il m’aide beaucoup avec ça. Et puis là, il a ses contacts. Là on fera une distrib avec Sony. Du coup, le prochain projet, sortira avec l’appui de Sony.
Le projet va s’appeler comment ?
K : Je ne sais pas encore. Le nom de projet, je ne le sais qu’au dernier moment. Il y aura un côté un peu plus vulnérable et plus intimiste que le précédent. Ce sera peut-être un peu plus mélancolique, tout en gardant mon côté un peu foufou, turn up sur certains morceaux
Il y a des dates de concerts prévues ?
K : Non, pas encore. En fait, là, ça fait un an que je ne fais qu’enregistrer. On attend la prochaine sortie, puis de balancer du nouveau contenu avant de refaire des concerts
T’as fait un feat avec BEKAR sur l’un de ses projets. Il y a des feats dans ce projet ?
K : J’ai vraiment zéro feat. Pour l’instant, je suis en solo sur le projet
Merci KONGA, à très viteK : Super. Ça me fait plaisir Scolti, à très vite, bonne journée !
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