par Claude-Alix
Prenez Vincent Price dans le film « Beach Party”, mixez ça avec le personnage de David Carradine dans la série « Kung Fu », ça donne le blaze d’un des rappeurs les plus talentueux de l’âge d’or du Hip-Hop : Big Daddy Kane (acronyme pour « King Asiatic Nobody’s Equal »). Il a rendu le rap « sexy et classe », grâce à son charisme sophistiqué, propice à ses performances live composées de pièces de théâtre, chorégraphies et costumes sur mesure. Lyriciste à la voix de baryton, capable de réaliser des titres rap/R’N’B en mode « crooner », il tirait pourtant sa force de sa dextérité, son phrasé. Connu pour rapper vite, il devient, malgré des difficultés respiratoires, un pionnier de la rime rapide. Derrière cette façade, se cache un rappeur technique, mais aussi un artiste engagé qui défend la philosophie de la « Nation Of Islam » et une conscience afro-centrique plus importante.
Antonio Hardy, de son vrai nom, naît le 10 Septembre 1968 à Brooklyn. Il commence à rapper à 14 ans dans des battles et y fait notamment la connaissance d’un certain Biz Markie…Ils deviennent vite potes et intègrent le collectif Juice Crew avec d’autres futurs grands noms du Hip-Hop tels que Masta Ace, Kool G Rap ou encore Roxanne Shanté. En 1987, Kane signe sur Cold Chillin’, label fondé par Tyrone Williams et Len Fichtelberg dont Marley Marl était le producteur phare. L’année suivante, il sort un premier album « Long live the Kane » avec le single « Raw » validé par l’underground. Pareil pour le titre qui porte le nom de l’album, sans oublier « Ain’t No Half Steppin’ » qui reste un classique. Un an plus tard, il assoit sa réputation avec un deuxième album « It’s a Big Daddy Thing », son plus gros succès commercial. Avec le titre « Smooth Operator », il installe son image de « loverman » auprès d’un public mainstream. Statut qui lui permet d’être le premier rappeur avec deux spectacles à guichets fermés au célèbre Apollo Theatre. L’année 1991 marquera une direction R’n’B’ beaucoup plus importante avec l’album « Prince of darkness », qui perturbe son public rap.
Parmi ses plus importantes distinctions, on compte plusieurs albums d’or, un Grammy Award en 1991 pour sa collaboration avec Quincy Jones dans le titre « Back on the Block » et même un « Hip Hop Honor » en 2005.
Nous retiendrons surtout son incontestable définition du terme « parolier » dans le monde du Hip Hop. Il a aussi introduit des performances live qui ont renouvelé la façon de présenter les spectacles hip-hop.
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