BEKAR, L’INTERVIEW

bekar

Scolti :  BEKAR, bienvenue chez SKUUURT. Quand je t’ai rencontrĂ©, BEKAR ce n’Ă©tait pas encore 2 disques d’or, avec MIRASIERRA et PLUS FORT QUE L’ORAGE, ce n’Ă©tait pas encore 2 Olympia, ce n’Ă©tait pas encore 2 ZĂ©nith, et ce n’Ă©tait pas encore une tournĂ©e Ă  venir dĂ©jĂ  sold out. À l’Ă©poque, je cherchais Ă  t’interviewer et c’Ă©tait jamais jouable. Et puis, on a eu une conversation aux Paradis Artificiels, dans laquelle tu me disais que ce n’Ă©tait pas affaire de DA ou de posture chez toi, mais que c’Ă©tait juste parce que tu n’Ă©tais pas Ă  l’aise avec l’exercice, ce qui avait le mĂ©rite d’ĂȘtre honnĂȘte. Je voulais savoir oĂč t’en es maintenant ? Parce que t’as l’air plus Ă  l’aise avec toi-mĂȘme et un peu moins introverti, plus confiant

BEKAR : Ouais, c’est vrai, c’est ce que je t’avais dit aux Paradis Artificiels. C’Ă©tait vrai. En vrai, c’est toujours le cas aujourd’hui. C’est pas l’exercice qui me plaĂźt le plus. J’ai pas fait beaucoup d’interviews depuis, mais j’en ai fait quand mĂȘme, forcĂ©ment. Et puis, ouais, avec l’Ăąge, je pense, l’expĂ©rience un peu dans le milieu, il y a des choses en moi qui ont changĂ©. Peut-ĂȘtre que j’ai pris plus confiance sur certains aspects, plus de facilitĂ© Ă  me livrer. Mais en mĂȘme temps, je me rends toujours compte que c’est pas forcĂ©ment un exercice qui me plaĂźt plus que ça. Et donc, je ne fais pas non plus beaucoup d’interviews. Pour la promo, on calcule bien tout ça avant de sortir un album, et donc j’en fais jamais trop. Mais en mĂȘme temps, c’est obligĂ© un peu de se prĂȘter au jeu

Oui, c’est ça. Parce que t’as conscience qu’en dehors de la promo, les gens aiment savoir Ă  qui ils ont affaire, qui est derriĂšre le micro et qui est derriĂšre tout ça ?

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©NKRUMA

B : Je suis d’accord. En fait, ça, je ne me rendais pas trop compte au dĂ©but parce que j’avais l’impression que j’en disais dĂ©jĂ  assez, et beaucoup, dans mes sons, comme si j’avais l’impression d’Ă©crire souvent sans filtre, de parler de sujets trĂšs persos, que ce soit d’ordre familial, amoureux, amical etc. Et du coup, je me disais : j’en dis dĂ©jĂ  beaucoup, est-ce que j’ai besoin forcĂ©ment de dĂ©baller encore plus en interview, dans un cadre plus sĂ©rieux ? Et je ne me rendais pas compte qu’il y a des gens qui aiment ça. MĂȘme moi, j’aimais ça quand j’Ă©tais plus jeune et que je regardais les interviews, mĂȘme encore aujourd’hui, pour certains interviews, certains artistes que je kiffe.

J’espĂšre qu’on sera amenĂ© Ă  parler d’autres choses qu’uniquement ce qu’il y a dans tes textes, justement, pour qu’on en sache un peu plus. Je disais que t’étais plus confiant, donc par dĂ©finition, c’est qu’il y a moins de doutes aussi. Est-ce que t’es encore dans la remise en question permanente ?

B : Ouais, je pense. Je pense que je suis toujours dans la remise en question parce que ça reste un moteur quand mĂȘme pour moi. Ça permet de me dĂ©passer Ă  chaque fois. Bon, parfois, j’en fais trop. Parfois, si je parle uniquement de musique et le fait de remettre en question rĂ©guliĂšrement le projet, les titres, la musique que je suis en train de faire, je pense que ça a du bon. Mais parfois, il faut aussi que j’apprenne Ă  me faire confiance et Ă  faire confiance aux gens qui sont autour de moi, qui me connaissent, qui connaissent ma musique. Et Ă  y aller sans trop, trop, trop, trop se poser de questions.

La remise en question, c’est quelque chose qui ralentit ou qui construit ?

B : Ça construit, je pense. En fait, c’est une question de dosage. Ça construit, mais quand il n’y a plus que ça, on n’avance pas. C’est sĂ»r et certain. Si tu remets tout en question Ă  chaque fois, Ă  chaque fois que tu fais un truc, t’avances pas, tu ne sors jamais d’album. Je pense que c’est vraiment une question de dosage, tout simplement.

On parlait de ces changements qui se sont opĂ©rĂ©s en toi. Évidemment, t’as pris un peu d’Ăąge, un peu d’expĂ©rience, un peu de vĂ©cu aussi. Est-ce qu’il a aussi fallu que t’apprennes Ă  t’aimer enfin, comme tu le dis dans la vidĂ©o Alba ?

B : Ouais, c’est ça. C’est un travail. Il y a peut-ĂȘtre des gens pour qui c’est trĂšs simple. Mais c’est un travail que j’aurais, je pense, Ă  faire tout au long de ma vie. Mais comme tu dis, le fait d’avoir pris un peu d’Ăąge, pris confiance en moi, voir qu’il s’est passĂ© des choses, des trucs dont je rĂȘvais dans la musique, faire des concerts, des tournĂ©es complĂštes, faire un zĂ©nith, etc., etc., forcĂ©ment, ça m’a confortĂ© dans l’idĂ©e que j’avais fait le bon choix dans ma vie et que j’Ă©tais Ă  ma place et que je n’avais pas Ă  rougir de ça, et que


T’es pas un imposteur

B : VoilĂ , que je ne suis pas un imposteur. Que j’ai travaillĂ© pour ça et qu’il fallait continuer si je voulais perdurer dans ce milieu-lĂ . Et que c’Ă©tait tout, c’Ă©tait comme ça. Et qu’il fallait ĂȘtre heureux de ça, fier de ça, et du coup forcĂ©ment ça participe Ă  l’estime de soi un peu

Qu’est-ce qui t’empĂȘchait de t’aimer toi-mĂȘme ?

B : Je ne sais pas, je pense que c’est profond, c’est des trucs que j’ai accumulĂ©s avec les annĂ©es, je pense que c’est familial, beaucoup, presque dans l’Ă©ducation je dirais. Mais il n’y a pas que ça, il y a plein de trucs de la vie, forcĂ©ment, que moi, parfois, peut-ĂȘtre, je ne soupçonne pas. Mais je pense que ça vient peut-ĂȘtre de trĂšs jeune, la famille, etc. Je pense que ça vient de tout ça

Peut-ĂȘtre un manque de valorisation ?

B : Ouais, je pense, parce que moi, j’ai souvent Ă©tĂ© dans des conflits avec mes parents, surtout avec mon pĂšre. Pas trop de discussions dans ma famille. On discutait jamais en fait.

Tu restais avec tes questions, t’avais pas toujours les rĂ©ponses

B : Ouais, c’est exactement ça. Souvent j’Ă©tais dehors, trĂšs souvent, je partais beaucoup, et trĂšs tĂŽt je suis parti de la maison. Donc en fait, peut-ĂȘtre qu’il y avait une faille Ă  ce niveau-lĂ  que je traĂźne depuis longtemps. Et la musique c’Ă©tait aussi peut-ĂȘtre un moyen de me prouver que j’Ă©tais capable de faire quelque chose, et leur prouver aussi, peut-ĂȘtre, j’en sais rien. De toute façon, c’est des questions que je vais avoir tout au long de ma vie et j’aurai les rĂ©ponses au fur et Ă  mesure des annĂ©es, je pense.

Alba

Je te souhaite de les trouver. Je parlais de la vidĂ©o Alba . ALBA, c’est le titre de ton dernier album. C’est l’aube, en espagnol, l’arrivĂ©e de la lumiĂšre. Il me semble pourtant qu’ĂȘtre mis en lumiĂšre, c’est toujours pas ton truc. Comme si tu faisais ce qu’il y avait Ă  faire, mais que quelque part, tu prĂ©fĂšres l’ombre. Est-ce que je me trompe totalement ? Est-ce que je dis vrai ? Ou est-ce que t’as le cul entre deux chaises ?

B : J’ai un peu le cul entre deux chaises, quand mĂȘme. Parce que, ouais, c’est vrai que je suis pas forcĂ©ment le plus Ă  l’aise avec tout ce que reprĂ©sente la musique, le rap, le milieu de la musique, quoi. Et donc, comme je suis quelqu’un de nature un peu discrĂšte, et introverti, c’est un peu Ă  l’opposĂ© de qui je suis, mais en mĂȘme temps je ne peux pas dire que ça me dĂ©plaĂźt, il y a des choses que j’aime bien lĂ -dedans. C’est un peu des deux, franchement. Il y a des moments oĂč j’aime bien ĂȘtre exposĂ©, j’aime bien avoir cette lumiĂšre-lĂ , quand je suis en tournĂ©e, quand je sors un album, etc. Et il y a des moments oĂč j’ai besoin d’avoir ma vie, d’ĂȘtre dans mon coin, avoir mes habitudes, mes trucs, ma routine. C’est un mĂ©lange des deux.

Je te soupçonne d’ĂȘtre proche des choses simples comme l’amitiĂ©, la nature, la sincĂ©ritĂ©, avoir une maison en Bretagne. Est-ce que c’est ce Ă  quoi t’aspires au fond ?

B : Clairement ! J’aime bien les choses simples, et tous les jours j’essaye toujours, mĂȘme dans ma vie, de garder ce rapport aux choses que j’avais dĂ©jĂ  avant la musique. Comme tu dis, l’amitiĂ©, je suis trĂšs proche de mes gars, de mon Ă©quipe, je communique beaucoup avec eux, on se voit souvent dans les mĂȘmes endroits qu’avant. Et je fais encore des trucs vraiment Ă  la con avec eux. Les vacances, pareil. J’aime bien partir, comme tu dis, en Bretagne, voir la nature, faire des trucs plus simples. Aller chez ma grand-mĂšre, aller sur le port le matin, boire un cafĂ©. Enfin, c’est des trucs vraiment


Je ne te vois pas, justement, à Ibiza ou Marbella, ou des lieux comme ça. Je te sens proche, vraiment, des choses simples, comme la nature, par exemple.

B : (rires) Ah ouais, non, mais c’est vrai. C’est le cas ! Mais je ne suis pas non plus un vieux ou un poĂšte disparu ! 

Non, bien sĂ»r. Mais tu pourrais, il n’y aurait pas Ă  rougir de ça

B : Non, je n’aurais pas Ă  rougir de ça. Mais ce serait surtout mentir de dire ça, parce que j’ai aussi une part de moi qui aime…Quand tu parles d’Ibiza, de tout ça, ça peut m’arriver aussi de faire des moments festifs et aimer ça, tu vois, oĂč il y a du monde. C’est juste que, voilĂ , c’est une question d’Ă©quilibre, tout simplement. Mais de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, c’est sĂ»r que je suis trĂšs attachĂ© Ă …En fait, ça, c’est encore un truc de famille. Mes parents, c’est des gens simples. Ils ne nous ont jamais mis dans un truc de luxure. Donc, moi, j’ai cette Ă©ducation-lĂ . Mon frĂšre et ma sƓur, pareil. Donc, c’est sĂ»r que j’ai grandi avec ça. Et ce n’est pas parce que je suis exposĂ© aujourd’hui que tout aurait changĂ©

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©Adrien Rosereau

Il t’arrive de te poser pour juste contempler l’aube ?

B : Oui, ça peut m’arriver. L’aube, ou la nuit qui tombe. 

Je parlais de sincĂ©ritĂ© comme l’une des valeurs qui ressort de toi. Et puisqu’on est dans un numĂ©ro spĂ©cial Nord, je voulais savoir si tu penses comme moi que la sincĂ©ritĂ© et l’authenticitĂ© sont des caractĂ©ristiques du rap nordiste

B : Ouais, clairement. De toute façon, des gens du Nord en général

Justement, et donc ça se retrouve dans le rap, du fait de qui sont les gens du Nord. Quels qualificatifs on pourrait ajouter d’ailleurs ? Est-ce que intimiste, engagĂ© et vrai, pourraient ĂȘtre dans la liste ?

B : Ouais, clairement, l’engagement, la fiertĂ© de venir d’oĂč on vient, et comme tu dis, la sincĂ©ritĂ©, la mĂ©lancolie du Nord, l’introspection, parce que vraiment, c’est ce qu’on retrouve chez pas mal d’artistes du Nord, c’est une rĂ©gion bien Ă  part en France, comme d’autres rĂ©gions, on n’est pas les seuls dans ce cas-lĂ , mais le Nord, il y a une vraie histoire, dans plein de villes du Nord

Et ça se retrouve dans la tradition du rap nordiste depuis trĂšs longtemps. C’est pas que dans la gĂ©nĂ©ration actuelle

B : Bien sĂ»r, bien sĂ»r, c’est vrai. Il y a toujours eu cette marque de fabrique

Et concernant l’engagement, puisqu’on parlait d’engagement comme l’une des caractĂ©ristiques, est-ce que tu te surprends parfois Ă  t’auto-censurer ? Ou est-ce que tu laisses aller ta plume ? Est-ce qu’il t’est arrivĂ© d’avoir des prises de position et de rayer une phrase en disant « non, ça, peut-ĂȘtre pas ».

B : Dans mes textes ? Ça dĂ©pend juste de la formule, tout simplement. Mais en gĂ©nĂ©ral, non. Dans tous les sujets que j’ai abordĂ©s, qui me tenaient Ă  cƓur, qui sont dans un positionnement, on va dire


Tu ne te l’interdis pas ?

B : Non, je ne m’interdis pas du tout de dire. Tous les sujets qui me tiennent Ă  cƓur, qui pour moi sont hyper importants dans le monde actuel
Pour moi, les artistes et les rappeurs doivent en parler. Je ne me suis jamais interdit d’en parler et je le fais toujours. Et aprĂšs, c’est juste une question de formule, tout simplement. En fait, le but, c’est que ça soit bien dit, que ça ait du sens.

C’est plus la forme que le fond, du coup, Ă  travailler ? Parce que pour le fond, tu t’interdis rien

B : C’est juste une question de forme. Alors parfois, ça peut ĂȘtre la forme la plus simple du monde, et c’est dit, et ça marche trĂšs bien comme ça. Parfois, il faut ĂȘtre un peu plus subtil. Mais en vrai, pour le fond, je ne m’interdis rien du tout. Je pense que si t’écoutes tous mes albums, il y a plein de moments oĂč j’ai pris position sur divers sujets. AprĂšs, c’est une question de forme, tout simplement. Pour moi, c’est juste ça

On parlait de ta plume. Est-ce que ce n’est pas une autre caractĂ©ristique du Nord, justement, que d’attacher de l’importance aux textes ?

B : Ouais, c’est hyper important dans le Nord

J’ai l’impression qu’on s’est toujours infligĂ© un peu cette obligation d’avoir des vrais bons textes. Est-ce que t’es d’accord avec moi sur ça ?

B : Oui, aprĂšs, il n’y a pas que dans le Nord oĂč il y a ça. C’est vrai que dans le Nord, la plume, c’est hyper important. Mais on n’est pas les seuls. En Belgique c’est pareil, Ă  Bruxelles pareil, Paris pareil Ă©videmment, Marseille pareil, mĂȘme Ă  Lyon. Le rap Ă  textes a toujours Ă©tĂ© lĂ , mais c’est vrai que
une fois, je me rappelle, pour l’anecdote, que j’avais croisĂ© LAYLOW, au Printemps de Bourges, ça devait ĂȘtre il y a bien 5 ans peut-ĂȘtre. Et j’avais parlĂ© avec lui aprĂšs son concert. Et j’Ă©tais hyper surpris qu’il connaisse ce qu’on faisait dans le Nord, notre musique, notre rap. Et il me disait qu’on avait vraiment une plume et un univers froid qui lui plaisaient, et bien Ă  nous. Et ça, ça m’avait grave marquĂ©. C’Ă©tait la premiĂšre fois que j’avais un artiste

Qui était extérieur

B : et trĂšs en vogue, et dont j’admirais le taf, qui mettait l’accent sur la plume du Nord et sur le rap qu’on fait. Et du coup, moi, ça m’avait grave marquĂ©. Et du coup, oui, forcĂ©ment, je me rends compte avec les annĂ©es qu’on a un truc bien Ă  nous. Mais la plume, c’est hyper important pour moi, dans la musique en gĂ©nĂ©ral. Et avoir une belle plume, ça ne veut pas forcĂ©ment dire ĂȘtre ultra technique, faire que des rimes, en dire beaucoup, beaucoup, beaucoup. Il y a plein de styles d’Ă©criture que je kiffe

Mais on est d’accord que l’Ă©criture, c’est ce qui permet de durer dans le temps

B : J’ai toujours dit ça, moi ! C’est marrant, parce que j’ai toujours dit ça aux gens autour de moi. Pour moi, l’Ă©criture, si tu veux durer dans la musique et si tu veux marquer les gens qu’ils t’accompagnent pendant une partie de leur vie, la plume, c’est le plus important. Parce que c’est lĂ  oĂč tu touches les gens, c’est lĂ  oĂč tu ressens le plus de choses, quand tu te sens concernĂ© dans un morceau, quand tu as l’impression que la personne Ă©crit ta vie, ou mĂȘme en une ligne Ă©crit ce que tu es en train de vivre actuellement, ce que tu as dĂ©jĂ  vĂ©cu, comment ça se passe Ă  l’intĂ©rieur de ta tĂȘte. Et ça, c’est ce qui m’a fait aimer le rap. Quand j’Ă©coutais, et que je me disais lĂ , putain, il raconte ma vie. Et ça, pour moi, c’est le plus important.

Et tu Ă©cris aussi en dehors du rap ? Un journal intime, des nouvelles ou d’autres choses ?

B : Non, non, non, du tout. Franchement, j’Ă©cris que dans le cadre de la musique. 

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On parle d’Ă©criture, mais il y a aussi la musique. Et j’aimerais qu’on s’arrĂȘte un peu sur LUCCI’. Quelle est son importance dans ton parcours ?

B : Grande importance. C’est la personne avec qui j’ai fait tous mes projets. Il n’était pas Ă  100% sur tout, surtout au dĂ©but, mais en tout cas, il a toujours Ă©tĂ© prĂ©sent sur mes projets. Je le connais depuis presque 10 ans. Je l’ai rencontrĂ© vers 19 ans, un truc comme ça. Et donc on se voit toujours, on continue Ă  faire du son ensemble trĂšs rĂ©guliĂšrement. Je parle avec lui quotidiennement

Quand tu l’as rencontrĂ©, t’as eu conscience d’ĂȘtre face Ă  un gĂ©nie ou alors c’est venu avec le temps ?

B : Non, ça a été trÚs rapide. Je me suis rendu compte trÚs rapidement que ce gars-là avait quelque chose en plus

De différent, et en plus, ouais

B : Ouais, il avait quelque chose en plus. Je m’en suis rendu compte trĂšs vite parce qu’en fait…Quand j’ai dĂ©couvert LUCCI’, c’était sur Facebook. Je crois que j’avais mis un message, je ne sais mĂȘme plus comment, mais je crois que j’avais mis un message en mode “les beatmakers qui me suivent, envoyez-moi des instrus, j’ai envie de faire un projet.” Et j’avais eu des beatmakers de la rĂ©gion, de Paris, qui m’avaient envoyĂ© des instrus. Mais moi, j’Ă©tais inconnu au bataillon. C’Ă©tait le petit rĂ©seau que j’avais. Et LUCCI’ m’avait envoyĂ© des prods, et c’est avec lui que j’ai parlĂ© tout de suite. Je me rendais compte que ses prods avaient un truc en plus. Et donc on s’est rencontrĂ©s, et puis voilĂ , on est partis sur un projet, comme ça, sans vraiment se connaĂźtre, sans savoir si ça allait matcher. Mais je crois qu’on a fait un son et on s’est dit putain, c’est cool en fait, ça fonctionne. Et puis voilĂ , on a fait tout notre premier projet, et puis aprĂšs on a continuĂ©, continuĂ©, continuĂ©. Et puis on en est lĂ . Mais lui aujourd’hui, il a une carriĂšre de ouf. Il bosse avec beaucoup d’artistes, il a eu beaucoup de succĂšs.

Je parlais de son importance dans ton parcours. Il y a aussi l’importance de ton Ă©quipe qui t’entoure depuis toujours. C’est les mĂȘmes gars

B : Ouais, c’est les mĂȘmes gars

À quel point c’est important pour toi ?

B : C’est hyper important, ouais. C’est hyper important.Parce que c’est ma seconde famille

C’Ă©tait ma question suivante: est-ce que c’est ton autre famille finalement ?

B : Mais clairement

Est-ce que le fait que ce soit ton autre famille, ça comble aussi un vide ?

B : Je pense que oui. J’ai l’impression d’avoir eu plusieurs des familles dans ma vie, mais forcĂ©ment, eux, ils en font partie parce que c’est tellement une “vie intense”, oĂč j’ai l’impression de tout donner lĂ -dedans, et eux, ils m’accompagnent au quotidien. Ils sont lĂ  dans les bons comme dans les mauvais moments, dans mes pĂ©riodes de doute, etc. Donc parfois, j’ai l’impression que je suis…C’est horrible un peu, mais j’ai… Je m’en veux parfois d’ĂȘtre un peu le centre, j’ai l’impression d’ĂȘtre le centre de l’attention dans l’Ă©quipe et ça parfois ça me fait chier. Mais c’est sĂ»r que je les remercie d’ĂȘtre lĂ  tout le temps. Ce qui est cool aussi c’est qu’on ne parle pas que de musique et on a d’autres centres d’intĂ©rĂȘt et ça permet d’avoir le bon Ă©quilibre dans nos rapports. Mais disons que j’ai la mĂȘme Ă©quipe, ça n’a jamais bougĂ©. Et pour l’instant, ça a toujours bien fonctionnĂ© ensemble.

Et est-ce que tout ce que tu vis, et cet entourage, arrivent Ă  t’empĂȘcher d’ĂȘtre triste ?

B : M’empĂȘcher d’ĂȘtre triste ? Oui et non

Je fais rĂ©fĂ©rence Ă  Triste, ton morceau qui est l’un de mes prĂ©fĂ©rĂ©s dans ta disco. Aussi bien musicalement qu’au niveau du texte, ce morceau est vraiment trĂšs fort. Et je me demandais s’il t’arrivait encore d’ĂȘtre triste

B : Oui, bien sĂ»r. Ça m’arrive encore d’ĂȘtre triste

Par triste, j’entends mĂ©lancolique, pas juste triste face Ă  des Ă©vĂ©nements douloureux

B : Je me doute, bien sĂ»r que ça m’arrive encore d’ĂȘtre mĂ©lancolique. Je pense que ça va ĂȘtre dur de… plus l’ĂȘtre dans ma vie, je pense. Je pense que c’est un trait de caractĂšre, j’ai l’impression. AprĂšs, je ne suis pas que ça. Parfois, j’ai l’impression que les gens pensent que je suis triste tout le temps (rires), et que du coup, je fais de la musique triste, etc. Mais ce n’est pas le cas

Non, je n’ai pas l’impression. Ce n’est pas ce que je voulais dire

B : T’inquiĂšte, j’avais compris ! Donc oui, j’ai des pĂ©riodes parce que… des moments oĂč je ne fais pas de musique, je suis loin de tout ça, je suis un peu trop dans ma tĂȘte et c’est les mauvaises pensĂ©es qui reviennent. Et il suffit d’un rien. Donc oui, ça m’arrive.

Dans ces mauvaises pensĂ©es, est-ce que t’as peur que tout s’arrĂȘte ? Tout ce que tu vis ?

B : Non, je n’ai pas peur. HonnĂȘtement j’ai pas peur

T’es prĂȘt pour la suite ?

B : Je ne sais pas. Oui et non. Oui et non, parce que lĂ , aujourd’hui, si demain tout s’arrĂȘtait, je serais sĂ»rement perdu pendant quelques temps. Mais dĂ©jĂ , j’ai atteint des trucs que je rĂȘvais d’atteindre, et que je n’aurais pas pensĂ© atteindre, honnĂȘtement.

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@hugovids

Comme tu le dis dans l’un de tes textes avec l’Olympia, par exemple. Tu rĂȘvais d’en faire 1, t’en as fait 2

B : VoilĂ , exactement. Clairement, je rĂȘvais d’en faire un, j’en ai fait deux. Je ne pensais pas faire un ZĂ©nith, je ne pensais pas du tout en faire deux. Je ne pensais pas faire un disque d’or un jour, je ne pensais pas en faire deux. DĂ©jĂ  pour moi, j’ai atteint un truc oĂč si tout s’arrĂȘtait lĂ , ce serait dĂ©jĂ  une dinguerie Ă  mes yeux. Je serais hyper content, je me dirais finalement j’ai vĂ©cu presque… J’ai commencĂ© Ă  sortir de la musique en 2019, un petit peu avant, mais de maniĂšre sĂ©rieuse en 2019. Ça fait dĂ©jĂ  7 ans, c’est pas rien dans une vie, je trouve, 7 ans.

C’est un cycle

B : Ouais, c’est un cycle. Donc, si ça s’arrĂȘtait lĂ , je serais dĂ©jĂ  trĂšs fier, trĂšs content. J’aurais vĂ©cu beaucoup de choses. J’aurais fait beaucoup de concerts, rencontrĂ© plein de gens. Et je suis hyper reconnaissant de ça. Donc, j’ai pas peur. Mais oui, Ă©videmment, mon but c’est pas que ça s’arrĂȘte. En fait c’est marrant parce que parfois il y a des moments oĂč je me mets Ă  douter de ma musique. Parfois je me pose la question, est-ce que j’ai pas fait le tour de ci, de ça ? Est-ce que j’ai encore des trucs Ă  raconter ? Je pense que c’est le commun de tous les artistes. Je pense que pour tous les artistes qui ont mis la musique au centre de leur vie depuis pas mal d’annĂ©es, il y a des moments oĂč on a tous des phases oĂč on a l’impression de ne plus rien dire, oĂč on a l’impression de ne pas bien Ă©crire, oĂč on a l’impression de n’ĂȘtre plus pertinent, d’ĂȘtre moins efficace. Et il y a des moments oĂč j’ai encore ça, mais il y a aussi des moments oĂč c’est fou parfois, sur un morceau, j’ai l’impression de redĂ©couvrir la musique comme au dĂ©but, d’avoir l’impression que je peux encore faire plein de trucs et d’ouvrir une brĂšche dans un style que je n’avais pas encore ouvert. Et donc c’est ça qui est cool. Et c’est par ces petits trucs-lĂ  que je me dis qu’il y a encore tellement de trucs Ă  faire

Comme par exemple, peut-ĂȘtre l’amour. Est-ce que tu en as peur ? C’est un thĂšme qui commence Ă  ĂȘtre prĂ©sent chez toi ?

B : Je trouve que c’est un thĂšme qui commence Ă  ĂȘtre prĂ©sent de plus en plus dans ma musique. C’est vrai que, plus jeune, j’en parlais beaucoup moins. Et ça m’intĂ©ressait moins, j’Ă©tais moins touchĂ© par les chansons d’amour, pourtant je le vivais, je l’ai vĂ©cu, mais ça me parlait moins tout simplement. Et lĂ , plus je grandis, plus j’en parle. Et je trouve que c’est un thĂšme dont on peut parler d’un milliard de façons. Et c’est toujours beau. C’est un truc qui ne s’Ă©teindra jamais, l’amour.

Et le désamour ? Comme par exemple, ce qui pourrait se dire sur toi, sur les réseaux, ce sont des choses qui te font peur, que tu suis ?

B : Les critiques ? Franchement, non, mais quand je lis des trucs sur moi, ça ne me fait pas plaisir

Ouais, mais tu pourrais ne pas lire, tout simplement

B : Ah, mais non, mais je ne lis plus ! DĂ©jĂ  y a pas mal de rĂ©seaux que j’ai supprimĂ©s, depuis pas mal de temps, par exemple le rĂ©seau le plus “compliquĂ©â€, Twitter, X, quoi

La poubelle

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©Rosereau Adrien

B : Bah oui, j’ai supprimĂ©, ça fait dĂ©jĂ  un an et demi que je ne mets plus un pied lĂ -dessus maintenant. C’est mon Ă©quipe qui, quand il faut publier des trucs, publie. Moi je ne vois pas. Donc les gens peuvent continuer Ă  parler et je ne vais mĂȘme pas le voir. Je ne suis mĂȘme pas au courant. Du coup ça, ça ne m’atteint plus. Ça ne me fait rien. Et puis aprĂšs j’ai appris Ă  prendre le truc avec plus de lĂ©gĂšretĂ© maintenant. Quand je me fais critiquer comme ça, que ce soit parce que parfois c’est archi gratuit, c’est pas du tout fondĂ©, mais bon, Ă  la limite, et donc quand je me fais critiquer, en fait, moi, je regarde, je me dis OK, ils disent ça, OK, mais moi lĂ  dans ma vie, le positif c’est quoi ? Je suis en train de faire un concert lĂ -bas, la salle est complĂšte. Bon, tout va bien, en fait. Pourquoi je vais dire ça ? Je m’en fous. Donc, voilĂ . AprĂšs, quand je sors un album, je regarde les critiques, ça c’est sĂ»r. Et c’est important, je ne veux pas ĂȘtre non plus dĂ©connectĂ© de la rĂ©alitĂ©. Ce que j’essaie de filtrer, c’est les trucs qui polluent le cerveau

Et qui ne sont pas constructifs

B : Ouais, et qui ne doivent pas ĂȘtre dans ta tĂȘte. Et mĂȘme, tu ne dois pas savoir quotidiennement ce que les gens pensent de toi. Tu deviens complĂštement fou. Un humain n’est pas fait pour vivre ça. LĂ  oĂč c’est important, lĂ  oĂč je suis content d’avoir des retours, qu’ils soient bons ou mauvais, c’est quand je sors un projet, quand je sors un morceau, lĂ  je me dis ok, celui-lĂ  il passe un peu moins, peut-ĂȘtre que les gens n’ont pas compris ça, ou ok, ah lui ils ont aimĂ©, ok, pourquoi ils ont aimĂ©, ok, le texte ça leur a parlĂ©, ok, cette phrase ressort beaucoup
et lĂ  c’est constructif pour moi, pour la suite. Donc les critiques, encore une fois, c’est une question de dosage. Il faut juste regarder les bonnes, tout simplement

Bekar Zenith 13 40iamdlvrhugo 1
@IAMDLVRHUGO

En tout cas, toi, tu continues Ă  faire ton chemin, et aujourd’hui tu caresses les sommets en gravissant les paliers un Ă  un. En quoi tu penses contribuer Ă  ce regard qui change sur Lille et sa mĂ©tropole, niveau rap ? Parce que t’es l’une des pierres importantes aujourd’hui

B : DĂ©jĂ , je suis quand mĂȘme fier de ça

Et c’est sans pression ?

B : Franchement, je n’ai pas l’impression d’avoir un truc de devoir sur les Ă©paules. C’est sans pression que je suis fier de ça, mais mon but, c’est de garder la mĂȘme mentalitĂ©, la mĂȘme maniĂšre de bosser que depuis le dĂ©but et ne pas commencer Ă  mettre une pression d’avoir un truc sur les Ă©paules parce que dĂ©jĂ , je ne suis pas le seul. Je pense qu’un BEN PLG aujourd’hui est tout aussi porteur de quelque chose dans le Nord

Oui, on est d’accord, complĂštement

B : Vraiment, vraiment. Parfois, je me dis mĂȘme encore plus que moi parce qu’il a, peut-ĂȘtre pas plus, mais d’une certaine maniĂšre, je trouve que dans sa maniĂšre de… Enfin, tu sens que c’est un vrai du Nord, je trouve vraiment, tu le sens, dans ses textes, dans ses visuels


Je te coupe parce que pour moi, t’es dans une comparaison que moi, je ne fais pas. Pour moi, vous ĂȘtes diffĂ©rents et vous vous complĂ©tez. Et c’est cet ensemble qui contribuent Ă  l’image du Nord  global

B : En vrai, je suis hyper d’accord avec toi. Je pense comme toi, je pense comme toi. C’est clair. En tout cas, je n’ai pas de pression, mais je suis trĂšs content d’avoir pu “apporter de la lumiĂšre”.

T’as l’impression qu’il y a des trucs qui Ă©voluent ici, dans le Nord, en dehors des talents qui ont toujours Ă©tĂ© prĂ©sents ? Au niveau des structures, de l’orga, des studios, etc., qui est peut-ĂȘtre ce qui manque encore Ă  la rĂ©gion. 

B : Je trouve que ça manque encore. Mais je pense que ça Ă©volue quand mĂȘme parce que j’entends parfois Ă  droite Ă  gauche qu’il y a des studios qui ouvrent, par exemple. Il y a des gens qui se mettent lĂ -dedans de plus en plus. Avant, il n’y en avait pas tant que ça Ă  Lille. Il y a des salles, je pense au Flow notamment, qui, eux, depuis longtemps font le taf, ils m’ont accompagnĂ©, et ils m’accompagnent encore de temps en temps. Ils accompagnent les artistes en dĂ©veloppement. Donc, ils ont des salles de rĂ©pĂ©tition Ă  dispo. Ils sont, tout simplement, dans le dĂ©veloppement de la carriĂšre d’un artiste. Je pense que c’est beau parce que c’est vraiment la ville, c’est la mairie. Et donc ça c’est vraiment bien, il y a des ateliers, donc je trouve qu’Ă  ce niveau-lĂ  c’est bien. Mais oui, on pourrait toujours faire plus, je ne sais pas, je ne fais pas trop de comparatifs avec les autres villes, de ce qui pourrait ĂȘtre mieux encore. 

Et comment tu regardes le rap nordiste actuel, et peut-ĂȘtre passĂ© d’ailleurs ? Si le passĂ© t’intĂ©resse

B : Oui, un petit peu, bien sĂ»r, j’en ai Ă©coutĂ© du rap. Moi, il y a des rappeurs du Nord, par exemple un gars comme YWILL, que je trouve trĂšs fort encore aujourd’hui, que je suis sur Insta, donc je vois un peu encore ce qui sort, sa musique, et je le trouve trĂšs trĂšs fort. AprĂšs honnĂȘtement, ça n’a pas Ă©tĂ© forcĂ©ment le rap du Nord qui m’a fait vibrer. Je venais du Nord, de Roubaix, donc je me suis forcĂ©ment intĂ©ressĂ© Ă  ce qu’il y avait autour de chez moi Ă  cette Ă©poque-lĂ . Quand j’ai commencĂ©, je pense que ça devait ĂȘtre en 2014, 2013, mais le rap qui m’a parlĂ© le plus au dĂ©but, c’est le rap parisien. Et pas que, il y avait aussi le rap amĂ©ricain, mais de l’Ă©poque, vraiment de l’Ă©poque, Biggie, Tupac, etc. Mais en France, c’Ă©tait le rap parisien. Tout ce qu’il y avait Ă  l’ancienne et Ă  mon Ă©poque, dans les annĂ©es 2010, 2011, 2013. Et c’Ă©tait ça qui me parlait le plus

Et le rap nordiste actuel, comment tu le vois ?

B : Il y a quand mĂȘme de plus en plus d’artistes ces derniĂšres annĂ©es, et je le vois en bien en vrai. Et puis mĂȘme, ça me fait plaisir quand je lis parfois certains mĂ©dias qui en parlent et qui disent que, d’annĂ©e en annĂ©e, le rap lillois s’est vraiment dĂ©veloppĂ©. Que Lille a vraiment une vraie place sur la carte du paysage rap en France. Et je trouve que c’est le cas. Il y a beaucoup d’artistes dans plein de genres diffĂ©rents. On ne fait pas du tout tous la mĂȘme musique. Il y a plein de mecs plus jeunes que moi qui arrivent, qui font leur truc. Donc, je trouve ça bien

Chez SKUUURT, on s’est grattĂ© avant de faire ce numĂ©ro spĂ©cial Nord, parce qu’on est de Lille. Et on s’est dit : c’est peut-ĂȘtre tirer la couverture vers soi. Enfin, tu vois, on a un peu hĂ©sitĂ©. Un peu par pudeur, aussi, Ă  se dire est-ce que c’est pas aux autres de dire ça ? Mais finalement, je pense qu’on est aussi au stade oĂč, maintenant, on assume pleinement ce qui se passe ici. Et je pense qu’il faut qu’on puisse le dire haut et fort.

B : Je pense comme toi, ouais !

Pour conclure, j’aimerais qu’on parle des clips. T’as clippĂ© plusieurs morceaux d’ALBA, est-ce que c’est une forme d’art qui te parle? Ou alors c’est juste un outil promo?

B : Les clips, bah non, c’est une forme d’art c’est sĂ»r et certain. J’ai pas le meilleur avis sur mes clips. Souvent, j’ai l’impression de nĂ©gliger un peu ça. Il y a des clips que j’ai kiffĂ©s, mais il se trouve que s’il y a vraiment un truc que je dois amĂ©liorer par la suite, c’est ça. Parce que je pense que les vidĂ©os, ça permet de dĂ©velopper encore plus ton univers artistique. Alors la musique, moi, je mets tout dedans. MĂȘme dans les covers, c’est pareil, je mets tout dedans. Mais les clips, je trouve que je n’ai pas encore sorti un clip oĂč je me dis que c’est vraiment une dinguerie. Souvent, c’est par manque de temps. Il y a forcĂ©ment des questions de budget, etc. Et encore, je trouve que si tu te dĂ©brouilles bien, l’argent, ce n’est pas forcĂ©ment le moteur. Je parle de beaucoup d’argent. Tu peux faire des trucs trĂšs bien, trĂšs artistiques, trĂšs beaux, sans forcĂ©ment beaucoup de moyens. Mais c’est surtout, je pense, une question d’idĂ©es et de timing. Je pense qu’Ă  l’avenir, et ça c’est de plus en plus pour la suite, je vais Ă©crire mes clips parce que j’ai l’impression que je vois de plus en plus d’artistes autour de moi qui le font. Et je me rends compte que c’est comme ça que tu dĂ©veloppes vraiment ton univers

Oui, complĂštement, c’est exactement ça, ça permet de le dĂ©velopper. Et si je te pose la question, c’est parce que tu as fait 6 ou 7 clips autour de l’album ALBA, ce qui est relativement rare, surtout Ă  l’Ăšre oĂč certain-es parlent de la mort annoncĂ©e des clips, je suis content de voir qu’il y a encore des gens qui le considĂšrent comme une forme d’art et pas juste comme un outil promo.

B : Je dirais que c’est que des cycles. On nous dit “la mort des clips”, et tout ça. J’ai l’impression, moi, que c’est un truc qui va revenir avec le temps

J’en suis convaincu, et c’est exactement pour ça que SKUUURT a créé le CLIP-CLAP Festival, qu’on fait au Flow justement, les 27 et 28 juin 2026. Je te remercie d’avoir pris le temps

B : Avec plaisir

Merci beaucoup. À bientît

B : Merci Scolti


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