Scolti : Salut STO, bienvenue chez SKUUURT ! On a suivi ton parcours et toute la période du buzz, et après une période un peu plus creuse, tu réapparais avec des nouveaux projets, des nouvelles idées, une nouvelle direction. C’est quoi l’identité musicale de STO ?
STO : Dans le passé, je ne savais pas définir ma musique, mais maintenant je pourrais dire que c’est de la drift music, un mélange de musique électronique et de rap, un mélange survitaminé, fait pour oublier ses problèmes et faire la fête
Cette identité est figée désormais ? Ou elle peut encore être amenée à évoluer ? Tu fonctionnes par période ?
S : Je vois la musique un peu comme un appareil photo, comme si les sons représentaient une partie de ma vie. Comme je suis un gros digger et que j’aime bien faire évoluer les styles et les sous-styles, et je pense que dans 2-3 ans, je ferai autre chose. Je pense vraiment. Mais du coup, l’idée, ce serait de continuer à aller plus loin dans les sous-styles, s’intéresser à d’autres sonorités.
Tes sons sont imprégnés de cultures électro. C’est parce que t’en es issu, parce que tu creuses dedans, ou alors parce que tu t’es dit à un moment donné qu’il y avait aussi une niche de rap électro qui n’existait pas, et dans laquelle tu pouvais peut-être aller chercher ton truc
S : C’est ce qui s’est passé. De base, je ne faisais pas du tout ça. J’étais issu des open mics, du boom bap, des clashs. Et un jour, un beatmaker a fait un remix d’un de mes sons et a mis un kick à tous les temps. Ça a créé quelque chose d’un peu hybride. Ça m’a fait kiffer. On a testé, on a vu qu’on avait beaucoup de retours et qu’on était un peu les premiers à mettre ça en place, en tout cas en France. Et du coup, on a jumpé sur le truc et on s’est dit go
On t’a parfois présenté comme l’importateur de la Jersey en France. Pour toi, c’est une passade ou ce qu’on va bientôt entendre de toi sera encore dans cette lignée ?
S : C’était la suite logique. J’ai commencé à m’intéresser à la musique électronique, donc j’ai découvert la Jersey Club. J’ai vu que ça faisait du bruit aux États-Unis, et on a essayé de mélanger nos sonorités. C’est comme ça que ça s’est créé. Et sans que je le veuille vraiment, ça a pris plus d’ampleur que je ne le pensais. Mais en fait, pour moi, c’était qu’une passade, c’était qu’un délire. Et j’ai pas pris le truc au sérieux, donc je ne suis pas allé au bout. Et j’ai préféré…Faire autre chose, quelque chose qui me ressemblait plus
T’as pas l’impression que pour le public aussi ce style musical était une passade ? J’ai l’impression qu’il est beaucoup moins présent que la période qu’on a pu connaître il y a quelques années.
S : Bah c’est ça, c’est issu de TikTok, c’était quelque chose de viral. J’ai envie de dire “heureusement que je me suis barré avant”. Mais ça pourrait toujours me faire plaisir de faire un son jersey, c’est juste que je ne m’y retrouve plus parce que je trouve que ça a un peu mal vieilli. Et voilà, c’était un effet de mode
OK. T’as eu une période où toutes les planètes s’alignaient
S : Oui
Je parlais de période plus creuse tout à l’heure, que personnellement je situe globalement après le Grünt 59, qui a pourtant pété les scores. Donc je trouve paradoxal que dans cette période où tout roule pour toi, avec ce sommet du Grünt qui explose, d’un seul coup, STO commence à passer un peu sous les radars. Il s’est passé quoi ?
S : Des problèmes au sein de mes équipes, au sein de l’industrie, la compréhension de mes contrats, on va dire que j’ai mis plusieurs années à comprendre ce que j’avais au cul, et ça m’a fait bader parce qu’on ne faisait plus les chiffres escomptés. Surtout avec la jersey, et le fait que j’étais un rookie avant. Les chiffres n’étaient plus très bons et malgré le Grünt, j’ai pas su rebondir comme il fallait et je me suis enfermé dans une période un peu noire. Tout 2025. Mais là, ça va beaucoup mieux
T’as donc subi des revers à cette époque
S : Ouais, j’avais même beaucoup de haine sur les réseaux, beaucoup de mauvais choix que j’ai fait
Pourquoi la haine sur les réseaux ?
S : Sur le fait que la musique que je faisais soit n’était pas du rap, soit que je n’étais pas légitime à faire ça parce que je venais de là ou de là, et que surtout j’étais trop électron libre. Moi je voyais ça comme une force. Mais le fait de recevoir tout le temps des messages, au bout d’un moment ça fait bader. Il fallait que je passe par cette période pour mieux me relever, et me voici maintenant en pleine forme
Il faut une légitimité ? C’est quoi cette non-légitimité qu’on a pu te reprocher ?
S : Je pense que c’est sur les réseaux, chez les jeunes, il y a tout un truc à… Je ne saurais même pas comment expliquer, tout un truc à respecter pour pouvoir faire partie de ce cercle-là. En venant de Lille aussi, c’est assez compliqué de se mélanger avec les gens de Paris, il y a beaucoup de m’as-tu-vu, et on est des personnes assez authentiques, donc…J’ai du mal à faire les connexions qu’il faut, ou alors je ne suis pas pris au sérieux, donc beaucoup de déceptions. Et tout ce mélange-là a fait que ça n’allait plus trop, il fallait que je me reconcentre sur ma musique et sur qui j’étais vraiment
Et aujourd’hui, t’en es où ?
S : Là, ça va mieux, au bout d’un an, tout 2025 on a travaillé les sons dans ma grotte.
Quand je dis t‘en es où, je parle d’artistiquement, et de psychologiquement ? Parce que tu sembles avoir subi des revers psychologiques aussi
S : Ouais, les deux sont liés, comme la musique, c’est ma vie, pour l’instant je n’ai pas de business parallèle, je vis la musique matin, midi, soir. Je dépends des réseaux sociaux, des stats sur YouTube. Je dépends des chiffres, malheureusement, et ça influe beaucoup ma vie. Il fallait que je trouve une solution pour que ça aille mieux, parce que c’était dans le déclin à fond, et là, aujourd’hui, j’ai recréé une structure, je me suis ré-entouré, et on a stocké beaucoup de musique, on a beaucoup de clips, on a une cover, on a beaucoup de choses en stock, et on est sur le point de trouver une nouvelle équipe pour pouvoir assumer un EP et un long projet avant la fin de 2026.
On parlait de légitimité tout à l’heure. Ça fait allusion au fait que t’es issu d’une famille de musiciens ?
S : Non, il y avait juste des trucs marrants sur Twitter concernant ma famille…Vu que j’ai un frère, 2C, qui fait de la musique aussi, et ça disait que mon daron était plus fort, qu’on lui faisait honte (rires), plein de petits trucs comme ça, c’est les seuls trucs que j’ai vu passer, mais sinon non, la légitimité par rapport à ma famille…je pense que j’ai pas été poussé autant que ça. Le claquement de doigts a été fait grâce à mon père parce qu’il y avait tout à disposition chez moi. Mais ils n’ont pas du tout validé ce que je faisais au début.
Parce que l’idée, c’est aussi de se démarquer de ses parents
S : Surtout qu’on ne faisait pas du tout la même musique. Du coup, pendant des années, je n’ai pas eu trop de soutien. Et je n’en voulais pas de toute façon. Mais c’est juste que j’ai dû me démerder moi-même. Ce n’est pas parce que ma famille était impliquée là-dedans que ça m’a créé des affinités avec certaines personnes
T’as une approche et un parcours qui est complètement différent du leur, dès le départ
S : J’ai pas de groupe, je suis solo. C’est différent
C’est plus compliqué.
S : C’est le hip-hop, je fais pas d’instruments…J’ai fait 5 ans de solfège, 4 ans de chorale, 1 an de guitare, quand j’étais petit. Mais peut-être que ça m’a donné l’oreille, je ne sais pas
Ou que ça te sert peut-être aussi dans ta façon de bosser à l’heure actuelle, dans les réflexes
S : Je sais que j’adore faire du studio, j’adore être derrière l’ordi avec les mecs qui font les prods
Là, je viens d’assister à une séance de studio, j’ai l’impression que tout en cherchant où tu vas, tu sais exactement où tu vas. Il y a cette espèce de paradoxe entre les deux, tu vois ? C’est l’aveugle dans une pièce noire, mais qui sait que l’issue est par là
S : On a une connexion avec Orcen, d’Ice Studio, on développe une alchimie avec le temps. Ce qui est super, c’est que je deviens un pro du studio. Donc oui, je sais un peu mieux où je vais. On est capable de déstructurer un son. Et je suis même capable d’essayer de bosser pour des gens. Je suis vraiment content du parcours que j’ai fait
T’es plus confiant, plus serein avec toi-même dans ta façon de bosser ?
S : Ma façon de bosser, ouais. Mais maintenant, ça fait quand même tic-tac dans mon crâne. Je suis conscient que je ne pourrais pas survivre à toutes les vagues et tous les styles et toutes les trends, parce que c’est pas en moi, je suis issu d’un rap qui est plus authentique. Et même le Nord en général est un peu plus authentique, mais voilà quoi… Peut-être qu’un jour je fermerai la porte et que j’irai de l’autre côté pour m’occuper d’artistes, créer un label, c’est ce que j’ambitionne
T’as un esprit fédérateur, c’est dans ta nature. Comment tu regardes ce qui se passe dans le Nord ? Tu penses que la plupart des gens ont tendance à penser comme toi, ou alors il reste encore des césures qui font que, même si le Nord est en train d’exploser, il pourrait le faire beaucoup plus, et peut-être depuis plus longtemps ?
S : Comparé à avant, je suis grave fier de tout ce qui se passe. Il n’y a jamais eu autant d’émulsion, autant d’événements, autant de jeunes rappeurs qui proposent des visions hybrides et qui prennent des risques. Je suis vraiment fier de ça. Le fait est que je ne peux pas trop juger parce qu’avec Bekar et Ben PLG, ça a été une autre vague. Et là, à l’heure d’aujourd’hui, avec Jaymee ou Nobodylikesbirdie ou d’autres gars, c’est une toute autre sphère où j’ai l’impression qu’il y a encore des rivalités entre Roubaix, Tourcoing, Lille, ça ne veut pas se faire manger sur des projets ou des trucs comme ça, ou on ne se prend pas au sérieux, etc. On n’est pas encore unis, mais c’est en devenir. Au plus on avance, au plus ça se passe. Mais voilà, quand j’ai commencé, il y avait vraiment son-per à qui s’identifier, on ne s’identifait qu’à Gradur à l’époque
Qui a été le premier à mettre le projecteur ici
S : Ouais. Et là, il y a vraiment tout un truc qui se passe. Je pense qu’on est la ville après Marseille.
La sincérité et l’authenticité sont des caractéristiques du rap nordiste, selon toi ?
S : Ouais, c’est le fait d’être solidaire, et je le vois comme ça : comme il a toujours fait froid, on s’est toujours retrouvé dans des endroits confinés, soit à boire des coups, soit à discuter, soit à se réchauffer, enfin voilà, casaniers un peu. Et du coup, on a développé un truc très “À la maison”, “fais comme chez toi”. Et je trouve que ça influe grave sur notre caractère, sur la musique.
Tu parles de la solidarité, mais ça va un peu à l’encontre de ce qu’on vient de se dire sur le fait que tout le monde n’était pas encore tout à fait fédéré. On a un peu le cul entre deux chaises sur ça ?
S : Les gens, en général, chez nous, sont assez conviviaux et solidaires. Maintenant, dans la petite bulle du rap nordiste, il y a le “Panam effect”, on va dire ça comme ça. C’est-à-dire que quand on découvre un peu Paris, on sait que…On doit un peu courber l’échine pour rentrer dans leur cercle, parce qu’ils sont vraiment dans le m’as-tu-vu, et c’est triste. Mais du coup, après, ça influe sur le comportement de certains à Lille. C’est pour ça que je disais qu’il y en a qui ne sont pas très unis dans le rap nordiste, parce qu’il y a cette conscience-là de “si on fonctionne à Paris, pourquoi on irait bosser avec les péquenauds de Lille ?”.
Tout en en étant issu au départ
S : Ouais, et c’est compliqué à gérer, et la plupart sont obligés de passer par là afin de comprendre, tu vois ?
Tu penses qu’une autre caractéristique du Nord est d’attacher de l’importance aux textes ? Se poser la question d’emblée : est-ce que je suis en train de dire quelque chose, ou est-ce que je suis en train de rien dire ?
S : Je pense qu’on aura plus tendance à pouvoir décrire un quotidien qui inspire que…Comment expliquer ? Il y a plus de misère chez nous, en tout cas, de ce que je peux voir, quand tu vas au-delà de Lille, je pense qu’il y a plus de misère, et ça peut certainement inspirer, parce que comme ça te révolte visuellement, ça te donne envie de l’écrire.
Mais deux possibilités face à la misère, qui existe aussi ailleurs : celle qu’on peut identifier dans le Nord, c’est « on en parle ». Possibilité numéro deux, qu’on peut identifier ailleurs, comme par exemple à Paris, c’est « on parle que de bling-bling », comme un échappatoire et un but à atteindre. Le but est d’avoir la grosse bagnole. Alors que dans le Nord, l’urgence est de peindre la réalité. T’es plutôt d’accord avec ça ?
S : Ouais, je suis d’accord, je suis grave d’accord. Mais je suis mal placé parce que des fois, je rentre dans cette case-là, mais au fond de moi…
Il y a peut-être un truc que t’assumes pas pleinement alors ?
S : Malheureusement, avec la musique que je fais, j’ai peur qu’être trop authentique me porte préjudice. Avant, j’ai fait l’expérience de pouvoir montrer une partie de moi, une partie de ma vie beaucoup plus introspective, en essayant de m’inspirer du Nord, de cette froideur, des briques rouges, de cette ambiance qui règne, que ce soit dans les clips ou que ce soit dans les sons que j’ai faits. Mais à l’heure d’aujourd’hui, je tends vers quelque chose de plus bling-bling et parisien parce que je sais que j’aimerais voir plus grand. Mais je sais que pour un rappeur nordiste, il est important de s’imprégner de la ville et de l’environnement pour créer sa base solide pour que les gens, quand ils verront d’où on vient, puissent voir vraiment cette froideur qu’on peut vivre au quotidien
Comment tu regardes le rap nordiste actuel ? Et peut-être passé aussi. Si le passé t’intéresse, si tu t’es un peu penché dessus
S : Je trouve qu’il y a un vivier incroyable aujourd’hui, où je m’y retrouve plus parce qu’il y a des propositions hybrides et des crossovers incroyables. Comme maintenant c’est facile de pouvoir découvrir des rappeurs, je vois qu’il y a plein de mecs qui ont des visions ici, et ça me fait kiffer. Peut-être qu’à l’époque, je ne pouvais pas accéder et m’intéresser vraiment à qui il y avait dans le Nord, j’étais peut-être mal informé, mais il y a 10 ans, ça ne courait pas les rues. C’était essentiellement assez street et il y avait très peu de personnes qui prenaient des risques, comme ce que j’essaye de faire là, en ce moment, avec la musique électronique. Donc, je suis quand même assez content de l’ouverture d’esprit du rap nordiste en ce moment
Qui est talentueux, et qui, proportionnellement à la fois à la population et à la population rap, est vraiment élevé en terme de nombre il y a vraiment beaucoup de talents. Pourquoi les gens n’arrivent pas à passer le step supérieur ? Ces champions du monde des terrains vagues, dans le foot, qui resteront toujours dans le terrain vague alors que c’est les meilleurs. On a l’impression parfois qu’à Lille, c’est un peu ça. Comment t’expliques ça ? C’est le manque de structure ?
S : C’est ça, j’allais parler de ça. Il y a très peu de structures qui accompagnent, très peu de distributeurs, très peu d’éditeurs, ou alors il faut vraiment les trouver. Je pense que tout le monde se réfère à Paris, c’est ça le problème. En fait, pour péter le plafond de verre, malheureusement à Lille, il faut être dans les bons petits papiers pour déjà pouvoir se faire voir. Sauf que les bons petits papiers sont entre les mains de 2-3 personnes maximum. Et du coup, il faut courber l’échine pour pouvoir espérer un peu d’accompagnement, d’investissement, de gens qui sont derrière ton projet et donc du coup automatiquement, nous, venant de Lille, au début on se dit qu’on va même pas chercher à Lille, on va chercher à Paris directement, et c’est ça qui doit changer je pense, c’est la jeune génération de trentenaires qui doit commencer à créer des labels ou à essayer de s’installer ici pleinement, au vu de tous les rappeurs qui commencent à émerger, tout simplement, pour faire une vraie “mafia” (rires)
En quoi tu penses contribuer à ce regard qui change sur le Nord, globalement ?
S : Dans mes sons, j’essaie de sensibiliser les gars et les filles à faire du son, donc il y a beaucoup de gens qui m’envoient des messages en me disant “tu m’as poussé à essayer de faire un son comme ça, j’ai pris un type beat de toi parce que ta musique m’inspirait, j’ai fait ma première musique là-dessus, tatati tatata”. Et j’ai un 59 sur les bras ! (rires) Donc c’est assez identifiable !
Représenter, c’est important pour toi ou c’est accessoire ?
S : J’aime dire que je viens de là
Pourquoi ?
S : Parce que je trouve ça stylé, j’aime ma ville, j’aime l’ambiance, j’aime les gens, je suis bien dans ma ville, j’ai pu faire beaucoup de villes en France et je suis accroché à la ville, et le 59 sur les bras c’était un moyen de me dire que j’avais pas d’autre issue, même si c’est assez con comme réflexion. C’était un moyen de me motiver et de me dire “vas-y, go dans le grand bain”. Et aujourd’hui, j’ambitionne d’essayer de pouvoir peut-être créer un projet 59, ou essayer de créer des événements, essayer de faire émerger la culture de la métropole, mais je pense que à force de collaborer avec soit des médias locaux, ou de faire des événements, il y a quelque chose qui est en train de se créer en ce moment, donc ce sera le mélange de toutes ces choses qui feront que je serai de plus en plus impliqué, identifié, encore plus que jamais. En tout cas, c’est ce que j’ambitionne.
J’aimerais qu’on parle des clips. Pour toi, le clip est une forme d’art qu’il faut respecter et qu’il faut faire perdurer, ou un outil promo, à l’heure où on parle de la disparition potentielle des clips, remplacés par les réseaux sociaux ?
S : J’ai toujours le clip sur un piédestal. Je me suis toujours donné à essayer de faire des choses conceptuelles parce que pour moi, quand on a du mal à cerner la musique, on peut mieux la faire comprendre avec un visuel. Et en tout cas, c’était ce que je faisais. Et puis au-delà de ça, c’est un kiff perso de pouvoir mettre en image ce que je voulais faire ressentir. Maintenant, aujourd’hui, en 2026, l’hyper régularité et les clips à moindre coût sont prônés à fond. Je pense que les clips ne sont pas terminés, et que c’est important de garder un aspect artistique et conceptuel dans la proposition, mais le conseil que je peux donner c’est de peut-être faire moins de gros clips, faire un gros clip à une sortie de projet, et puis, après, promotionner son projet avec des formats à moindre coût, beaucoup plus réguliers et en masse.
Et là, plutôt via les réseaux du coup
S : Via les réseaux. Parce qu’on doit avoir les armes pour pouvoir se défendre face à l’hyper régularité et l’imagination de tous les créateurs de contenu qui sont en train d’émerger. Pour faire sa place, on est obligé de s’actualiser
Pour toi, il faut savoir mélanger l’art et conserver l’aspect promo des choses
S : Je regardais un documentaire il n’y a pas longtemps. Avant, les clips marchaient énormément. Maintenant, il faut savoir faire de la qualité clip, régulièrement, donc c’est encore plus dur, il faut trouver des solutions, et plein de gens ont trouvé des solutions, comme les gens qui font par exemple de l’analyse de sorties d’albums ou de sons, qui streament, par exemple, tous les jours. Ils ont du contenu de qualité à mettre sur les réseaux et du coup, ça crée un flux infernal que l’algorithme adore. Et voilà, tous les jeunes artistes qui ont des bêtes de clips ou des bêtes de sons sont noyés face à l’algorithme. Et c’est la réalité de 2026. Le but, c’est de comprendre ça et s’instaurer, essayer de virusser le système, toujours représenter nos valeurs, ne pas s’y perdre. Virusser le système pour après pouvoir peut-être changer les choses, voilà le but.
Il y a un dernier truc dont on n’a pas parlé, c’est la scène. C’est ce que tu vises, là, dans le cadre du projet qui va sortir ? Tu veux faire de la scène avant la sortie ? Parce que si tu fais de la scène, là, ça serait avec quoi ? Avec ce qui arrive, ou alors, parce qu’actuellement les gens vont se déplacer pour l’ancien Sto, avec les anciens sons ?
S : Là, en live, j’ai réajusté la tracklist. On propose la plupart de mes classiques, donc 70% de classiques et 30% d’exclus jusqu’à ce que le premier projet sorte, avant l’été. On est sur un retour de musique électronique façon 2010, vraiment teenager, un truc beaucoup plus coloré comparé à avant. Je vais essayer de l’incorporer au live et voir les ressentis des gens. Pour les gens qui viendront me voir en live, ce sera comme une expérience, et j’attends les retours
Qui pourront valider la direction que t’es en train de prendre
S : On verra si je suis dans le bon ou pas. Et si ça fonctionne, pourquoi pas envoyer une tournée fin 2026, qui s’enchaînera sur 2027. Mais oui, dans mon projet, le live, c’est peut-être 70% de mon entité, je fais vivre mes sons via le live et je pense que j’ai une manière de connecter avec les gens avec le public qui est assez cool et les gens vivent une expérience, et je veux continuer à perdurer là-dedans, c’est vraiment mon but, je préfère grave le live que le studio
Merci, STO
S : Merci Scolti !
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