Caribbean Flow, le retour en grâce du créole. 

Le peu que l’on puisse dire, c’est que l’été fut chaud. Shatta, Bouyon, Dancehall… Des basses puissantes venues tout droit des Caraïbes ont fait danser les festivaliers Français. Cette année encore, le créole sera en tête d’affiche. Un retour puissant, porté par une nouvelle génération d’artistes fiers de leurs racines et conscients de la force politique et culturelle de la langue qu’ils portent.

De Maureen à Meryl, en passant par l’incontournable Kalash ou encore Kery James récemment, le créole s’affirme comme un choix artistique assumé. Chanter, rapper ou écrire en créole aujourd’hui, c’est revendiquer une histoire, une mémoire collective longtemps marginalisée au profit du français, langue de l’institution et de la légitimité sociale. Et l’industrie musicale ne faisant pas exception, ces 20 dernières années n’ont laissé qu’une place marginale aux artistes insulaires : « Je me souviens d’être allée dans les bureaux de maisons de disques en leur disant : les gars, le nerf de la guerre, ça va être ce qui se passe actuellement » rappelle Meryl, rappeuse martiniquaise. En 2019, peu de label souhaitent s’engager dans ce genre de projet. Cette année, l’artiste remplira l’Accor Arena, en se targuant d’un sold out en quelques jours. « On a bien fait de persévérer », lance-t-elle désormais sur France Inter.  

Les radios commencent donc timidement à s’ouvrir, les plateformes de streaming amplifient le mouvement, et le public suit. Le créole n’est plus un folklore figé, mais une langue vivante, actuelle, en mouvement. Il n’est plus cantonné aux musiques joyeuses, entraînantes, vision déformé des Français de l’Hexagone vis à vis des Outre-Mers. Le créole permet une liberté d’expression brute, intime, ancrée dans le réel. Racontant le quotidien, la colère, l’amour et la lutte avec une authenticité rare.

Sam Drammeh-Boillot 


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