Fela Kuti, Le père de l’Afrobeats

Il y a 10 ans, le rap prenait la tête des charts dans le monde pour s’imposer comme le style musical le plus écouté dans les cultures occidentales. Mais ce règne long d’une décennie pourrait bien toucher à sa fin. D’autres courants émergent, venus d’autres régions : les musiques latines… et les musiques afro. Avec des artistes comme Davido, Wizkid, ou Burna Boy, l’Afrobeats nigérian a inondé le marché, avant que l’Amapiano sud-africain vienne doubler la mise. 

Mais bien avant tout ça, un homme a incarné la musique africaine et a créé un tout nouveau genre : Fela Kuti, le père de l’Afrobeat.

L’Afrobeat, c’est plus qu’un style musical. C’est un courant de pensée, la mélodie d’un combat, la fusion de genres venus de différents horizons. Et c’est à l’image de son fondateur, Fela Anikulapo Kuti. Grandir dans le Nigéria des années 50, c’est grandir sous un régime colonial qui, par définition, tape sur les clous qui dépassent. Et Fela, c’est typiquement ce genre de clou. Toute sa vie, il se battra contre l’oppression, dans son pays d’abord, puis dans l’Afrique plus globalement. Acteur de la pensée du panafricanisme, il soutient ouvertement Thomas Sankara et Kwame Nkrumah.

Et niveau son, ça donne quoi ? Écouter un morceau de Fela Kuti, c’est suivre la création du morceau de la première mélodie aux dernières harmonies. Une fièvre qui peut durer 10, 15, 20 minutes, le temps qu’il faut pour que, élément après élément, la track se construise. Mélange de jazz, funk, highlife et rythmes traditionnels ouest-africains. Une musique festive, mais des textes graves et engagés, qui dénoncent le néo-colonialisme, la souveraineté occidentale et la corruption qui gangrène le pays. 

C’est au cœur de Lagos, à l’Afrika Shrine, que l’artiste se produit, presque quotidiennement, lors de concerts gratuits ou à très bas prix. À travers la musique, la salle se transcende, vibre au son des rythmes et chants révolutionnaires souvent, visionnaires parfois, populaires toujours. 

F.E.L.A : For Ever Lives Afrobeat

Dan Ayassou


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