Dans l’histoire du rap français, certains noms s’effacent au profit d’autres, plus particulièrement quand on parle du rap dit « féminin ». Pourtant cette artiste, l’une des figures les plus emblématiques, a bel et bien marqué le rap. Tout court. La seule et unique Cathy Palenne, alias Casey.
Casey ne se contente pas d’écrire des chansons, elle mène un véritable combat. Ses textes, avant-gardistes et incisifs, abordent tous les sujets : racisme, violences policières, colonisation, classisme, inégalités sociales, le tout avec une intelligence et une lucidité quasi innée. Rien ne peut la stopper, malgré tous les obstacles qui auraient pu entraver sa progression. Car Casey est une femme, noire, issue de la banlieue, et s’imposer dans le rap – et plus largement dans la société – avec un discours engagé est un exploit.
C’est ici qu’elle se distingue : elle n’en a rien à faire ! Elle ne demande ni la permission ni la validation. Sa parole s’adresse à ceux qui la comprennent, et son rap sonne comme un manifeste.
En 2006, elle débute sa carrière solo et frappe fort en publiant 3 projets en une seule année. D’abord, l’EP Ennemi de l’ordre, puis le street-CD Hostile au stylo (compilation de toutes ses apparitions de 1995 à 2006, 64 morceaux dont 10 inédits). Elle clôture l’année avec la publication de son 1er album Tragédie d’une trajectoire. Cette année productive offre au public un large choix et lui permet de se constituer instantanément une base de fans solide. Parmi ses morceaux, Chez moi se distingue et réussit à se faire une place dans les classements français.
Casey ne s’arrête pas là. Là où beaucoup d’artistes pourraient craindre de perdre leur public, elle poursuit en montrant différents angles de sa personnalité. En 2009, elle joue dans une pièce de théâtre, « Shakespeare and Slam » et collabore avec le collectif Zone Libre sur un projet rock.
Mais c’est en 2010 qu’elle frappe fort avec la sortie de son 2ème album, Libérez la bête, dans lequel elle perfectionne son style, sa technique et son écriture. Deux morceaux se détachent : Apprends à t’taire et Rêves illimités.
Casey reste très active ensuite. En 2014, elle participe à des projets collectifs comme Asocial Club et sort de nouveaux morceaux. En 2019, elle fonde le groupe Ausgang, au style plus rock, et collabore à un spectacle féministe avec Virginie Despentes et Béatrice Dalle. Ses projets récents témoignent d’une évolution tout en restant fidèle à ses engagements sociaux.
« Qui peut prétendre faire du rap sans prendre de position ? ». Casey c’est le rap dans sa toute puissance, un talent intègre, qui brille par son incorruptibilité et la cohérence des actes et des propos.
Myriem Bui
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