Tu te souviens du drame de 2020, celui d’Iyad al-Hallaq, ce Palestinien autiste abattu par la police israélienne ? Suite à ce meutre, un agent de la police des frontières a été initialement inculpé d’homicide involontaire, mais en juillet 2023, il a été acquitté par tribunal estimant qu’il avait agi en état de légitime défense.
Yuval Rozman, comédien et dramaturge israélien, dans son quatrième opus, aborde cette tragédie avec une envolée théâtrale à la fois poétique et brutale, aussi onirique que politique. Sur scène, trois oiseaux, la drara joué par Cécile Fišera, le bulbul par Gaël Sall et le martinet noir par Gaëtan Vourc’h, mènent l’enquête sur l’assassinat d’Iyad Al-Hallaq, ce qui les pousse à creuser autour d’une discussion agitée et à se questionner sur la realité des faits et, surtout, sur ce qui a été prononcé pendant le témoignage de l’accusé, dont l’identité n’a pas été révélée.
Entre punchlines, références sociétales, humaines, sensibles, débats enflammés et prises de bec, ils fouillent l’assassinat, tentent de comprendre, jusqu’à les mener au procès. De là s’installe un décor et un réel positionnement de chaque volatile.
Ces trois personnalités singulières incarnant symboliquement différents points de vue naviguent avec humour, dureté, légèreté et profondeur. Une dramaturgie millimétrée, une mise en scène intelligente, une scénographie inventive. Une pièce déjantée, décalée, qui surprend, bouscule, et qui parle juste. Impossible de passer à côté.
Laly Pop
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