Scolti : Salut Medine, bienvenue chez SKUUURT ! Ça n’a pas été facile de se capter, mais on y est enfin arrivé ! J’imagine que c’est parce que ça bosse dur ?
Medine : Ouais ça bosse dur, mais t’es surtout passé par la bonne personne, qui s’appelle Ikram Ayata…
S : …qui a permis que ça se fasse, et que je remercie ! Je te reçois dans le cadre de ta double actu, à savoir le titre qui clôt le spectacle de La Haine, et qui s’appelle L’4mour, et la première partie d’un double album à venir que j’ai eu la chance d’écouter en exclu
M : On verra pour la date ouais
S : Je disais donc L’4mour, dans le spectacle hybride de La Haine, qui est un titre fort, comme souvent chez toi, dans lequel j’ai essayé de trouver quel vers ne servait à rien, en vain. Cette exigence dans l’écriture demande de prendre son temps pour peser ses mots, ou c’est sorti rapidement ?
M : Non, il a pris du temps ce texte. Il a pris du temps. D’habitude ça me prend entre 5 jours et une semaine pour finaliser un titre, du choix de la prod, au maquettage jusqu’à la finalisation du posage final on va dire. 5 à 7 jours c’est vraiment mon rythme normal mais hors mix, hors mastering, hors arrangement. Vraiment, pour ma matière d’écriture c’est à peu près ce temps. Là L’4mour ça a vraiment pris un vrai 2 semaines voire 20 jours.
S : Et on sent que les mots sont pesés, qu’il y a une vraie réflexion derrière
M : La commande était assez ambitieuse. Il s’agissait d’écrire un texte qui résumait 30 ans d’existence du film La Haine et de l’impact que ça a eu sur nos générations, mais aussi 30 ans de climat politique concernant les violences policières, concernant les questions d’identité, etc. Et de synthétiser tout ça dans un temps de 4-5 min, c’est un vrai défi à relever, et je ne suis pas mécontent.
S : Et de la pression peut-être ?
M : Oui, de la pression forcément. C’est ce qui fait que ça a pris un peu plus de temps que des morceaux traditionnels.
S : Ce qui est frappant dans cette version de La Haine, tout comme dans ton texte, c’est que ce que le propos est cruellement actuel. Pourtant, est-ce que tu penses que ce discours trouve encore une résonance dans les quartiers, à l’heure où le rap français de la nouvelle génération semble s’éloigner de ces sujets de fond, qui n’ont plus de porte-voix, à l’heure où le public est aussi un public de nostalgiques curieux, dont une partie s’est gentrifiée ?

M : Ouais…c’est un peu faux ce que tu dis, parce que c’est assez catégorisant. Je pense qu’il y a autant de publics qu’il y a d’artistes aujourd’hui. Il y a autant de sensibilités aux questions politiques qu’il y a de discours et de messages dans le rap aujourd’hui. Et encore une fois, le rap a différentes approches, a d’autres façons de se positionner politiquement, d’autres façons de critiquer le climat politique, social, actuel. À l’époque, sur certains albums, c’était très frontal, IAM, NTM, Ideal J, c’était très frontal dans la façon dont ils traitaient les sujets de société, avec des albums qui portaient des noms directs, des morceaux directs qui traitaient les sujets. Là, l’approche des rappeurs et leur façon de dénoncer les choses est différente. Parfois, ça peut être une prise de position sur les réseaux sociaux, ça peut être une prise de parole dans une interview, ça peut être leur présence dans une manifestation ou dans un événement caritatif. Il y a d’autres façons aujourd’hui de montrer sa dénonciation d’une crise que d’écrire des morceaux de façon très frontale. C’est juste que nous, on a tendance à regarder avec un logiciel des années 80, 90. On veut absolument le rap dans une dénonciation frontale, une prise de position directe. Or, il y a d’autres façons et je crois que c’est l’époque qui fait qu’il faut qu’on s’adapte aussi.

S : Tu rappelles dans ce texte que « la violence a plusieurs visages, celle d’un flingue ou celle d’une cravate ». Est-ce que celle du flingue n’est pas juste la conséquence de celle des cravates, qui en aurait donc la responsabilité ?
M : C’est une image qui parle d’elle-même mais qui surtout dénonce aussi le deux poids deux mesures qu’on constate. On a tendance médiatiquement à s’acharner sur une violence qui est beaucoup plus explicite, et on oublie la violence symbolique qui est souvent portée par la classe politique, la classe dominante, mais aussi par la violence de ce capitalisme qui s’impose à nous et qui nous met dans des lois de marché dont on ne peut plus se sortir. Donc c’est la violence aussi des affairistes, la violence de ceux qui sont les détenteurs des richesses de ce monde et qui nous mettent dans des logiques de prédation les uns envers les autres. Donc cette image parle surtout de ce deux poids deux mesures, où on va se focaliser sur le doigt plutôt que sur la lune qui est montrée par ce doigt.
S : Cette responsabilité vient notamment du fait de créer, et d’entretenir, cette forme de ghettoïsation, un manque d’intégration qu’on ne favorise nulle part, puis de se plaindre de ses conséquences ?

M : Oui, la classe politique aujourd’hui est en fait surtout dans un agenda politique, dans une logique de campagne, dans une logique d’élection. On le voit dans des moments comme celui qu’on est en train de vivre par exemple avec l’affaire Louise qui est actuellement présente dans les médias. On voit que lorsque le premier prénom d’un potentiel suspect a été donné, qui avait des connotations arabo-musulmanes, toute une partie de la classe politique s’est servie de ce drame pour en faire une espèce d’arme, une arme pour servir leur programme électoral qui vise justement à parler d’immigration, à parler d’insécurité via cette immigration. Et au final, comme les enquêteurs ont bien fait leur travail, quelques jours après, il s’avérait qu’il ne s’agissait pas de quelqu’un qui avait des origines arabo-musulmanes. Et du coup, tout leur narratif est tombé à l’eau et on voit bien que derrière, ils ne corrigent pas, ils ne réparent pas, voire même ils évitent le sujet parce que ça ne sert pas leur discours et leur narratif. C’est ça le vrai problème aujourd’hui de la classe politique, c’est qu’ils ne se saisissent pas de sujets, ils les instrumentalisent uniquement pour servir leur narratif. Et on parle essentiellement de ceux qui sont au centre et de ceux qui sont à droite et à l’extrême droite, parce que c’est eux vraisemblablement qui manipulent ces sujets et qui en font des sujets qui divisent les Français. Donc c’est de ça que cette line parle.
S : Les porte-flingues de ces politiques, ce sont les flics. Dans quelle mesure sont-ils coupables et victimes des violences policières ?
M : Il y a un manque de remise en question des institutions policières. Il y a des syndicats qui font bloc, qui font front et qui défendent des criminels en interne, et qui ne sont pas du tout dans une logique de dialogue, de mea culpa. On voit bien qu’il y a un système qui se protège et qui ne veut jamais ouvrir les dossiers pour les décortiquer. Pour ça, il y a des exemples, et surtout revenir à quelque chose d’objectif et de plus équilibré qui irait dans le sens de l’apaisement. On se confronte à des institutions syndicales de la police qui ne sont pas du tout dans une logique de dialogue et de remise en question. « C’est comme ça qu’on a toujours fait. C’est comme ça qu’il faut mâter et protégeons-nous au maximum ». Je n’ai pas l’impression qu’en 30 ans, on a fait face à des institutions qui devenaient raisonnables et qui ouvraient des dossiers pour essayer d’apaiser les relations entre les citoyens et les institutions policières. Ça fait 30 ans que ça se durcit, que ça se protège, que ça se couvre, que ça se cache. Et du coup, il n’y a plus de dialogue possible. Il y a moins d’espoir possible en tout cas sur l’amélioration des relations entre les populations et les institutions policières.

S : Alors qu’il faudrait que chacun comprenne qu’il suffit d’appliquer l’amour plutôt que la haine ? Mais comment transformer l’utopie en réalité ?
M : Ce n’est pas une utopie pour moi. Quand je parle d’amour, je parle de l’amour de la justice. Je parle de l’amour de cette justice, où qu’elle se trouve. Je parle de justice sociale, je parle de relations équitables entre les classes sociales. C’est surtout de cet amour-là dont je parle. Au-delà d’avoir une espèce de discours un peu fédérateur qui serait naïf et candide, c’est surtout remettre au centre une valeur qu’on a oubliée : la justice. De ne plus être dans un deux poids deux mesures, de ne plus avoir des boules au ventre quand on voit des drames à la télévision, de savoir de quelle origine est le coupable, et qui justement va nous mettre dans une culpabilité qui n’a pas lieu d’être. Quand je parle d’amour au final, je parle surtout d’amour de la justice. C’est ça qui est important. Il faut que tout le monde revienne à ça. Peu importe mon étiquette politique, peu importe ma sensibilité philosophique ou religieuse, ou avec quel logiciel je peux me référer à un système de valeurs ou de sujets, les gens, les phénomènes, les sociétés, au final ce qui nous réunit tous et ce qui fait lien dans notre société, c’est la justice. Parce qu’on croit en une forme de justice. Et si on perd ça, on ne peut plus faire société. Il y a des gens qui ont un sentiment d’injustice permanent, continu, qui se sentent justement moins considérés que d’autres, qui se sentent dans des affaires beaucoup plus chargées que si c’était quelqu’un d’une autre classe sociale. Et bien là, on perd le lien social. Donc, quand je parle d’amour, je parle surtout d’amour de la justice.
S : Ouais, mais y a aussi cette forme d’amour que j’ai pu constater lors de tes concerts. Je t’ai vu au théâtre Sébastopol à Lille. Il y avait une énergie incroyable, palpable, sincère, et authentique, à donner des frissons, dans ce mélange d’engagement, d’humour, et d’amour, que tu proposes. C’est ça ta goutte d’eau dans l’océan, celle qui fait déborder le vase ?
M : Ouais, moi je suis encore de ceux qui espèrent. Je n’ai pas le tempérament de ceux qui abandonnent parce que, justement, on fait face à une espèce de tsunami, de montée réactionnaire de gens qui deviennent de plus en plus conservateurs, de discours politiques qui vont vers le conservatisme et le réactionnaire. Je vois le tsunami arriver comme tout le monde. On voit les blocs se renforcer, etc. Mais je n’ai pas un tempérament à me sentir abattu en voyant l’ampleur du chantier. Je fais ma part, comme beaucoup d’autres Français font leur part, beaucoup d’autres citoyens dans le monde font leur part. Et si on fait tous notre petite part pour essayer de rétablir un peu de justice ici et là, de mettre un peu d’amour ici et là, je pense que sur le long terme, on gagnera. Et je parle du temps long, pas du temps médiatique où une polémique est chassée par une autre, puis une autre.
S : T’es pas de ceux qui se dépolitisent. L’indignation ne se tasse pas avec le temps qui passe ?

M : L’indignation est permanente. Il y a tellement d’injustice partout où tu tournes les yeux, que ce soit dans ton milieu social, qui peut être un quartier populaire par exemple, tu tournes les yeux à l’échelle humaine et internationale, et tu te rends compte qu’il y a d’autres injustices. Il n’y a plus le temps de ne plus s’indigner. L’indignation doit être un sport aujourd’hui, dans le sens où ça doit être une gymnastique quotidienne. C’est central en tout cas dans ma vie. C’est ça le plus dur, c’est de se sentir indigné par des sujets, par des populations, qui ne sont pas tes voisins, qui ne sont pas des membres de ta famille, qui sont des gens qui vivent peut-être à des années-lumières d’un point de vue mode de vie, qui vivent à des milliers de kilomètres parce qu’ils sont concrètement dans un autre territoire que le tien, et de réussir à cultiver cette empathie, de cultiver ce sentiment d’indignation pour qu’eux aussi puissent vivre une justice et une équité, c’est ça le plus dur aujourd’hui en fait, c’est de continuer à développer ces sentiments-là, pour éviter de tomber dans un cœur anesthésié où on n’a plus de réaction, on n’a plus de sensibilité vis-à-vis de populations déplacées, vis-à-vis de phénomènes de guerre, de famine, etc. Ça peut être un peu utopique et idéaliste ce que je dis, mais en tout cas c’est ce que je cultive dans mes concerts, ne pas anesthésier nos cœurs, nos esprits, et cultiver cette indignation, et de ne pas l’avoir à géométrie variable.
S : Tout en voulant vivre paisiblement, mais comment y parvient-on lorsque l’enfer c’est soi ?
M : Il faut faire la guerre pour vivre en paix ! Pour vivre en paix, il faut faire la guerre à l’injustice, il faut faire la guerre à ceux qui ont des desseins et qui ont des ambitions de diviser les gens, à ceux qui veulent imposer leur philosophie extrémiste, pour ne citer qu’eux. Mais il faut se battre, c’est la lutte, c’est la lutte pour vivre en paix. Et quand je lutte, je me sens en paix. Je me sens en paix parce que je ne reste pas le cul posé dans mon canapé à ne rien faire.
S : Et t’es en accord avec toi-même

M : Je suis en accord avec moi-même, mais je suis en accord aussi avec l’époque dans laquelle je me trouve. C’est important de ne pas se laisser anesthésier en pensant que la paix est simplement l’illusion d’être posé dans son canapé, et de fuir les problèmes. Ça n’est qu’une illusion. Ça n’est qu’une illusion de croire que si on fuit les problèmes et qu’on ne les regarde plus, ils ne vont plus arriver sur nous. Moi encore une fois, je me vois comme un paratonnerre, je vois que les phénomènes de cette époque m’arrivent parfois en premier, à quelques microsecondes avant que ça arrive sur le reste des populations. Et bien, c’est de mon devoir de servir de lanceur d’alerte en tant que grand brûlé, de dire « attention, si on ne s’élève pas tous contre ces phénomènes-là, ce sujet-là, la montée du bloc réactionnaire, la montée de ceux qui sont dans un conservatisme extrême, et bien, vous allez être privés de liberté, vous aussi. » C’est mon rôle, c’est mon devoir.
S : On prend des risques quand on s’engage ?
M : Oui, forcément. Il y a des risques quand tu t’engages, quand tu combats. Il y a forcément des risques. Donc, je n’ai pas du tout à rougir des conséquences. Au contraire, ça fait partie de la bataille, ça fait partie de la lutte. Mon casier est vierge, jusqu’à aujourd’hui, bon nombre ont essayé de m’attaquer sur mes propos, sur mes paroles, sur mes textes, sur mes lyrics, et n’ont jamais réussi, parce que ce sont des lyrics qui les visent précisément, et qui les dérangent, et qui soulèvent beaucoup plus que des attaques personnelles, qui soulèvent des problèmes, des malaises, et donc ils n’ont pas envie de traiter ces sujets-là, mais jusqu’à preuve du contraire, je gagne. Je gagne, je fais avancer la culture, je fais avancer certains sujets, certaines problématiques, en les dénouant, en les décortiquant, et en montrant aussi l’hypocrisie que certains peuvent avoir en traitant certains sujets et pas d’autres.
S : Ça t’amène parfois à devoir expliquer certaines prises de position dans les médias, qui pourrait t’amener à en faire un titre ?
M : Déjà ce ne sont pas des expériences malheureuses, ce sont des expériences qui permettent d’analyser des situations. Ce que je vis dans les médias, et la façon dont les médias généralistes parlent de moi, et la dissonance qu’il peut y avoir avec les gens qui me connaissent et me suivent depuis 20 ans, et comprennent qu’il y a en fait un jeu politique qui se mène à travers moi, ça ne fait que révéler une situation. Encore une fois, ça révèle ce jeu médiatique qui vise parfois à servir des pouvoirs, à servir le pouvoir, plutôt qu’à être dans une démarche journalistique sincère, fouillée, indépendante. Donc mon expérience n’est pas une expérience malheureuse. Encore une fois, si cette expérience sert à démontrer, à révéler qu’il y a des formes de manipulations à l’échelle médiatique, et bien, grand bien fasse à tous ceux qui observent cela, parce que je suis encore un sujet d’étude, et ça me va. D’ailleurs, ça donne lieu à des titres et à des morceaux, au moins ça nourrit mon travail.
S : Et ça a fait de toi un maître en média training
M : Ouais, voilà. À force d’être exposé au feu et à la chaleur, tu finis par devenir un grand pompier. Tu sais maîtriser le feu.

S : Tu penses quoi du droit à se contredire ? Est-ce qu’un acte, ou un propos, d’un jour, condamne pour toujours, dans cette société où plus aucune info ou intox ne s’efface ?
M : Heureusement que le droit à se contredire existe ! En fait, qui détermine ce droit ? Ce sont les médias, encore une fois ? Les médias ne sont pas un pouvoir qui permette d’interdire ou d’autoriser. Je revendique le droit de pouvoir dire quelque chose à 20 ans, et l’inverse à 40 ans. Ça s’appelle l’évolution, ça s’appelle grandir. Si on accorde cette évolution qu’à une certaine catégorie de français, c’est à dire les non-arabo-musulmans, les non-noirs, les non-issus des quartiers populaires, et qu’on accorde uniquement ce droit à la contradiction à des gens comme Yann Moix, ou à des journalistes qui viennent de la bourgeoisie et de l’intelligentsia, sachez que vous êtes encore en train de commettre une injustice. Vous n’autorisez le droit à la contradiction qu’à une certaine catégorie de personnes, ça s’appelle de la discrimination. C’est vous qui êtes dans votre tort et dans un tort général, et ça n’est pas moi, qui me contredis à 20 ans, à 40 ans, et qui espère pouvoir me contredire à 60 ans encore. Là aujourd’hui j’ai la quarantaine. À 60 ans j’arriverai en disant « mais là je disais de la merde à 40 ans » et je le fais publiquement pour que ce soit salvateur pour tous.
S : Mais on est d’accord que le droit à se contredire n’est pas accordé à tous de la même façon

M : Exactement. Les journalistes, ou l’intelligentsia française a le droit de dire tout et son contraire, et même pas sur 20 ans, parfois c’est sur 2 ans, eux.
S : En travaillant cette interview je me suis dit que ça allait être compliqué, parce que j’avais l’impression qu’entre celles que tu as déjà faites et tes textes, tu avais déjà tout dit. Est-ce que tu as encore des choses à dire ?
M : Si je suis encore là au bout de 20 ans, c’est que j’ai beaucoup à dire sur moi-même, sur ma culture, sur le rap, sur mon époque, sur le glissement vers lequel on se dirige tous et sur la vague d’extrême à laquelle on va devoir tous faire face. J’ai encore beaucoup de choses à dire.
S : Merci Médine
M : Avec plaisir Scolti
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Zénith de Paris le 18 décembre 2025
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