« On a brûlé mon premier frère dans le coffre d’une voiture et on vient de tuer le deuxième… Vous voulez que j’ai peur de quoi maintenant ? » À 22 ans, Amine Kessaci fait figure de grand. Originaire du Frais Vallon dans les quartiers nord de Marseille, il vient de perdre son deuxième frère victime du trafic de drogue.
L’onde de choc est directe. La France serait désormais aux mains des narcotrafiquants. À Marseille, des dizaines de victimes tombent sous les balles chaque année. Mais ce 13 novembre 2025, ce n’est pas une petite main du trafic qui meurt, ce n’est pas une course poursuite qui finit mal ou un simple règlement de compte de bandes rivales. Non, ce 13 novembre 2025, c’est bien une expédition punitive, menée par un groupe armé qui fauche la vie de Mehdi Kessaci.
« Il n’était coupable que d’être mon petit frère. » Si l’affaire fait tant bruit, c’est qu’Amine Kessaci, 22 ans, se bat depuis 2020 contre le trafic de drogue à Marseille. « Frais Vallon c’est toute ma vie. Mes frères, ma mère, mes amis… Nous avons tous grandi et rêvé dans ce quartier. Nous ne voulons pas le laisser aux mains des dealeurs », assume-t-il sur les plateaux. Résultat : deux motards, une balle, et un avertissement clair : le quartier est à eux.
Pas le temps pour le deuil, pas le temps pour les adieux. Ce meurtre est la goutte de trop pour Amine. Il organise une marche blanche, réunissant des milliers de personnes dans la cité phocéenne. Il fait le tour des plateaux TV, tantôt face aux ministres de l’intérieur, tantôt face aux magistrats de l’Etat. « Mon frère est mort pour rien, il est hors de question qu’un autre gosse soit victime des narco » Le ton est donné.
En janvier dernier, à l’approche des élections municipales, il choisit de rejoindre la liste de gauche du maire actuel de Marseille Benoît Payant. Aux obsèques, il promettait : « Je passerai ma vie à retrouver les bourreaux de mon frère. Qu’importe les risques ».
Mais les risques sont bien présents. Quelques semaines plus tard, alors que le jeune homme se rend à son premier meeting politique, les services de renseignement doivent l’exfiltrer d’urgence. Amine vient d’échapper à une énième tentative d’assassinat.
Sam Drammeh-Boillot
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