Isham, l’interview

ISHAM ONE

BAHO : Salut Isham, bienvenue chez SKUUURT. Figure majeure du graffiti des Hauts-de-France, t’as commencé par le tag dans ton quartier. T’es toujours actif dans la rue ?

ISHAM : Ça dépend de ce que tu entends par actif. Je ne le suis plus autant qu’avant. Il m’arrive encore de peindre quelques stores de temps en temps, mais ce n’est plus aussi intense qu’à une époque.

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Qu’est-ce qui te motive encore à peindre ?

I : C’est l’amour du graffiti. C’est vraiment ça. La passion ne m’a jamais quitté. J’ai toujours envie de regarder des tags, de réfléchir à des lettrages. Et puis il y a ce plaisir de voir quelque chose que tu as fait dans la rue. C’est un peu de l’autopromo, mais quand c’est bien placé, au bon endroit, c’est tellement jouissif. Ça fait plaisir à voir, pour toi et pour les autres.

Tu travailles aussi sur toile, ou en atelier ?

I : Oui, bien sûr. Je travaille sur toile mais aussi sur beaucoup d’autres supports : du papier, du bois… J’aime bien varier. En ce moment, je suis d’ailleurs en résidence au Flow, à Lille,  pour encore trois mois. Donc je produis pas mal de choses en atelier.

Qu’est-ce qui définit un bon graffiti, selon toi ?

I : Pour moi, le graffiti c’est avant tout du lettrage. Les personnages, c’est secondaire. Un bon graffiti, ce sont des lettres homogènes, dynamiques, avec un bon flow. Des lettres qui vivent, en quelque sorte. Quand tu regardes la pièce, tu ne dois pas t’ennuyer.

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Que penses-tu de la nouvelle génération ?

I : Il y a plein de choses que je regarde et que j’aime bien. Il y a vraiment des trucs qui sortent du lot. Après, comme dans toutes les générations, il y a du bon et du moins bon… mais moi je préfère regarder ce qui est bien.

As-tu déjà transmis ou enseigné le graffiti ?

I : Oui, beaucoup. Même sans m’en rendre compte. Quand je peignais sur des murs, il y avait souvent des gamins qui regardaient. Et plus tard, certains se sont mis au graffiti. J’ai aussi animé des ateliers. Je ne dirais pas que j’ai “enseigné”, mais plutôt initié. Il y a des gens que je ne connaissais pas qui sont venus me dire : « J’ai commencé parce que j’ai vu un graffiti à toi dans ma ville ou dans mon lycée. » Et ça, c’est toujours cool à entendre.

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Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui commence aujourd’hui ?

I : Bon courage ! (rires). Aujourd’hui il y a tellement de choses. Tu ouvres Instagram et tu vois des milliers de pièces incroyables. Je pense que ceux qui commencent maintenant ont parfois plus de mérite que nous à l’époque. Quand on a commencé, il y avait beaucoup moins de références. Tu faisais ton truc sans trop te poser de questions. Aujourd’hui la comparaison est permanente.

Si tu devais résumer ton parcours graffiti en une phrase ?

I : J’ai l’impression que c’était hier.

Propos recueillis par BAHO

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