Tous les ans, en janvier à Anaheim (Californie), quelque chose d’énorme se passe pour les DJs, producteurs et tech lovers : le NAMM Show, le plus grand salon de l’industrie musicale au monde.
Depuis ses débuts en 1902 comme rencontre de marchands de pianos jusqu’à l’événement global qu’il est aujourd’hui, le NAMM a évolué pour devenir LA plateforme où l’industrie dévoile les innovations tech, le matériel DJ le plus attendu, et où tous les acteurs de la culture DJ se croisent.

À la base, c’était un endroit réservé aux fabricants, distributeurs et pros de l’instrument. Aujourd’hui, c’est aussi un carrefour culturel majeur : des marques comme Roland, Pioneer/AlphaTheta, Phase (cocorico), Hercules (cocorico encore) ou Akai y présentent leurs dernières machines (controllers, mixers, synthés, interfaces…), et des artistes légendaires y font leurs bails – en marge des grandes scènes médiatiques.
Pour les DJs, NAMM est devenu le moment où on découvre les nouveautés avant tout le monde, où on peut mettre les mains sur les prototypes, où on négocie avec les distributeurs et où la communauté tech/artistique se retrouve pour décrypter l’avenir du DJing.
Cette dimension tech (limite geek) se mêle à la culture hip-hop et au turntablism depuis des années. Le NAMM a souvent reconnu l’importance des DJs dans l’histoire de la musique en invitant des figures majeures. En 2023, par exemple, GrandMixer DXT – pionnier du scratch et l’un des premiers à traiter la platine comme un instrument — a reçu le Hip-Hop Innovator Award lors de la cérémonie TEC Experience sur le campus du NAMM, mettant en lumière l’impact de DJs comme GrandMaster Flash, Q-bert ou Mix Master Mike sur la culture DJ moderne.
Et ça se voit aussi dans les programmes récents : au NAMM 2026, DJ Jazzy Jeff – DJ, producteur et figure incontournable du hip-hop depuis les 80’s – a amené son PLAYLIST Retreat au salon avec Roland, transformant un stand en espace de panels et jams live, où DJs, beatmakers et ingénieurs ont collaboré en direct autour de la tech.
Le salon ne ressemble pas à un festival de scène ouverte façon Coachella, mais il regorge de performances et sessions DJ limites intimistes (heureusement il y a YouTube pour qu’on puisse aussi le vivre à distance) réparties entre stands, zones démo et espaces créatifs. Des artistes hip-hop et légendes du turntablism y passent régulièrement pour partager leur pratique, tester du matériel, ou participer à des projets collaboratifs. Des noms comme Q-bert, emblématique membre des Invisibl Skratch Piklz, sont étroitement liés à l’histoire et à l’évolution du DJing, et leur présence dans des programmes oraux d’histoire souligne à quel point le salon dialogue avec la culture DJ.
Les raisons pour lesquelles les DJs affluent à NAMM sont simples mais profondes :
• Voir et tester le matériel avant tout le monde ;
• Rencontrer les créateurs tech derrière les machines ;
• Réseauter avec d’autres DJs, producteurs et artistes ;
• Comprendre comment la technologie influence directement la pratique DJ.
Même si ce n’est pas un show « public » comme un festival, le NAMM a vu émerger des moments marquants pour les DJs hip-hop, qu’il s’agisse de panels inspirants, de jams spontanés autour d’un stand (on se souvient de DJ Craze sur le Inpulse T7 des français Hercules), ou d’expériences créatives. Cela montre que, pour les DJs qui vivent la culture, le NAMM est bien plus qu’une foire tech : c’est un lieu d’échange artistique, un think tank sur l’avenir du DJing, et une scène cachée où la culture DJ s’écrit avec les fabricants et les créateurs ensemble.
Dans un monde où la technologie évolue très vite, le NAMM reste le point de convergence : le DJ y regarde l’avenir, les marques y montrent leurs cartes et y présentent leur matériel en avant première, et parfois les légendes hip-hop y rappellent pourquoi tout a commencé avec 2 platines Technics et une table de mixage, le 11 Août 1973.

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