Dans le précédent numéro, on vous a parlé de Fela Kuti et de l’Afrobeat, ce son révolutionnaire des années 70 mêlant différents styles, entre Highlife ghanéen, musique traditionnelle nigériane, jazz ou funk. Cette fois-ci, attaquons-nous à un genre avec lequel on le confond souvent : l’Afrobeats.
Un S qui change tout
Une lettre : c’est ce qui sépare, sur le papier, l’Afrobeats de l’Afrobeat. Au-delà de provoquer une confusion (gênante) chez les médias généralistes, ce « s » est l’arbre cachant la forêt de différences entre ces deux styles. Les deux fusionnent d’autres courants, sont portés par des artistes nigérians, mais que ce soit par les styles qui les nourrissent ou par le message qu’ils portent, ces deux styles diffèrent clairement.
L’Afrobeats, plus commercial que l’Afrobeat ?
Là où l’Afrobeat de Fela Kuti était une musique orchestrale, portée par ses cuivres, percussions et voix en choeur, l’Afrobeats se veut plus moderne, avec des productions plus léchées, puisant ses inspirations dans le Dancehall, le RnB ou encore le Hip-Hop. Les orchestres sont remplacés par des beatmakers, les voix sont autotunées… La forme change, mais qu’en est-il du fond ?
Le combat continue
Alors c’est vrai, les lyrics de l’Afrobeats sont moins revendicatifs que celle de l’Afrobeat. On y parle beaucoup de réussite, de sexe et même de plaisirs artificiels. On ne peut cependant pas dire que l’indignation et les revendications ont disparu. Prenez Burna Boy avec son hit Ye, dans lequel il décrit les nombreuses difficultés qui jonchent le parcours des jeunes Nigérians.
Des stars internationales

Aujourd’hui, l’Afrobeats cartonne à l’international. Un succès lancé par des pionniers comme P-Square, aujourd’hui perpétué par les Davido, Wizkid, Burna Boy et j’en passe. Les « Naijas » sont devenus des membres incontournables de la scène musicale internationale, et Lagos s’impose comme une capitale et un phare pour toute l’Afrique.
Daniel Ayassou
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