EDITO par Scolti
L’été des festivals s’achève, et c’est l’heure du bilan. Des kilomètres avalés, à pied, en train, en voiture, à vélo. Des poches bien plus légères. Des panses bien plus bombées. Des baskets poussiéreuses. Des claquettes qui clapotent. Des t-shirts arrachés, troués, tachés, qu’on garde en l’état et qui servent de nappes sur l’autel des souvenirs. Ecocups, bracelets, et…tiens, c’est à qui ça ? Et c’est quoi d’ailleurs ?
Coup d’œil aux photos. Des selfies, seul-e, ou avec ceux qu’on connait, et ceux qu’on ne reverra jamais. Les photos de concerts. Au loin, un bâton au bout de la foule, sur une grande scène. Je crois que c’est….Et y a les vidéos aussi, qu’on regardera deux fois max, qui sont dans la mémoire du téléphone parce qu’il fallait dire aux autres sur les réseaux “j’y étais”. Mais aussi “J’y étais, encore”. Ou “Là, c’était 5 min plus tard, j’y étais hein ! Au cas où..”. Allez, on stocke. On ne sait jamais.
On ne sait jamais dire ce qu’on a préféré, la musique, ou l’ambiance générale, les trajets avec les potes ou la galère parce que putain j’ai raté mon train, la viande pas super cuite ou là où elle m’a mené, parce que c’est là que j’ai rencontré Louise, dans la queue, et que si mon bide…euh eh ben.
On se rappelle des déguisements, de ce qui pouvait paraître en être, des looks travaillés, des je-suis-venu-comme-je-suis, des je-suis-venu-comme-j’aimerais-être. Regard dans le vide, sourire, mais quand le verre a valsé sur moi ça m’a pas fait marrer toute cette bière sur la gueule.
Et puis y avait les danses, aux allures de pogos des fois, aux allures de chorés d’autres fois, aux allures d’invertébrés parfois. Les corps qui gesticulent à l’unisson, les cœurs qui tabassent en cadence, les larmes qui coulent parce que cette voix vient du ciel c’est pas possible putain, mais “t’as pas vu Timothéééééeeee ?”, éphémère. Timothée est là, et nulle part. Partout. Comme Dan. Jef. Laly. Djo. Comme celles et ceux qui créent la fête, comme celles et ceux qui l’attendent avec impatience, comme celles et ceux qui la vivent, comme celles et ceux qui l’entendent s’éloigner quand ils repartent, transpercés par les basses qui les poursuivent jusque sur le parking. La portière claque. Clap de fin.
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